dimanche 15 mai 2011

Pédophilie: la justice américaine veut fouiller dans les dossiers du Vatican


2011-05-10 00:00:00
Le Vatican va pour la première fois devoir produire des documents internes devant la justice américaine, qui cherche à examiner sa qualité 'd'employeur' dans l'affaire d'un prêtre accusé de pédophilie dans l'Oregon (nord-ouest).



Le Vatican va pour la première fois devoir produire des documents internes devant la justice américaine, qui cherche à examiner sa qualité "d'employeur" dans l'affaire d'un prêtre accusé de pédophilie dans l'Oregon (nord-ouest).
Un tribunal civil américain a pour la première fois décidé de citer le Saint-Siège comme témoin dans cette affaire, qui remonte à 1965.
"C'est une décision historique et monumentale", déclare Jeff Anderson, avocat de la personne à l'origine de l'affaire. Cette dernière, qui conserve l'anonymat, affirme avoir subi des agressions sexuelles de la part d'Andrew Ronan, un prêtre qui avait déjà été confondu pour pédophilie en Irlande puis à Chicago.
"Cela change vraiment le paysage juridique", explique à l'AFP Me Anderson. "Une brèche a été ouverte: le Vatican va pouvoir être tenu responsable et va devoir rendre des comptes comme jamais auparavant".
La victime accuse le Vatican de ne pas avoir défroqué le prêtre ou au moins de ne pas l'avoir sanctionné et écarté dès les premières agressions. Un premier juge chargé de la plainte avait estimé que le Saint-Siège pouvait être poursuivi comme employeur dans le transfert de ce prêtre, pourtant décidé au niveau des évêchés. Le Vatican avait fait alors appel auprès de la Cour suprême.
En juin dernier, la plus haute juridiction américaine avait donné raison à ce juge en ne se prononçant pas sur la reconnaissance de l'immunité diplomatique du Vatican.
En citant aujourd'hui le Vatican comme témoin avant la tenue éventuelle d'un procès, un juge américain s'engage pour la première fois dans cette brêche ouverte par la Cour suprême.
Pour ce faire, le juge de l'Oregon, Michael Mosman, a demandé au Saint-Siège de produire d'ici au 20 juin un certain nombre d'informations sur les règles internes à l'Eglise relatives à la gestion des prêtres, leur nomination, leur transfert, leur responsabilité ou encore leur excommunication en cas de plaintes pour agressions sexuelles.
Déboutée de son appel par la Cour Suprême, l'Eglise compte bien continuer à ferrailler sur la question. Ainsi, selon elle, si le pape exerce une hiérachie spirituelle sur les prêtres à travers le monde, il ne peut en aucun cas être considéré comme un employeur, toute charge matérielle revenant aux diocèses.
Pour Jeffrey Lena, l'avocat américain du Vatican, la partie est loin d'être perdue. L'avocat entend résister à certaines demandes de la justice.
"La question centrale de cette affaire, la seule qu'il faille retenir, est de savoir si oui ou non l'Eglise peut être considérée comme l'employeur de cet homme à l'époque des faits. Et à notre avis, non, ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté.
La loi de l'Etat d'Oregon possède une interprétation étendue de la relation d'employeur à employé. Néanmoins, il apparaît peu probable que les plaignants obtiennent gain de cause.
"S'ils parviennent à démontrer qu'un tel lien existait entre ce prêtre et le Saint-Siège, ce serait dévastateur pour le Vatican qui a beaucoup plus de ressources qu'un simple diocèse", estime Charles Zech, directeur du centre de recherche sur l'encadrement de l'Eglise à l'université catholique de Villanova en Pennsylvanie.
Aux Etats-Unis, huit évêchés, dont celui de l'Oregon, ont été ruinés après des plaintes contre des agressions sexuelles de prêtres.
Qu'il gagne ou non la partie, le plaignant dans cette affaire aura créé un précédent.
"Du point de vue du Vatican, l'affaire est très problématique", estime Charles Zech. Le Saint-Siège "n'a jamais aimé ouvrir ses dossiers à quiconque. Et les ouvrir même un tout petit peu, c'est tout un problème".



Touche pas à mon corps

 Agnès Bihl


 
fais pas ça, je serai sage comme une image
alors pourquoi t'es pas gentil?
c'est pas juste et moi j'ai pas l'âge
ça va me faire mal à la vie

c'est pas d'ma faute à moi
si je veux pas faire ça

et toi tu sais pourquoi ça se fait que le silence ça fait du bruit?
tu m'as dit que c'est un secret
et moi j'ai fait pipi au lit
papa c'est toi qu'est le plus fort
touches pas à mon corps
papa c'est toi qu'est le plus fort
s'il te plait
moi ça me cri dans la tête
me fais pas ça me fait le pas
quand tu viens me voir en cachette
touches pas là où je comprends pas

c'est pas d'ma faute à moi
si je peux pas faire ça

moi je voudrais bien me punir
mais quand tu viens puis que tu restes
ça fait trop mal et c'est trop pire
je t'aime et puis je me déteste
c'est vrai tu sais je t'aime alors touches pas à mon corps
c'est vrai tu sais je t'aime alors fais pas ça, fais pas ça
pas les yeux là où ça fait mal et les mains là où ça fait peur
moi je sais pas si c'est normal
quand c'est tout sale à l'intérieur
c'est pas d'ma faute à moi si tu veux me faire ça
mais quand tu regardes tout partout
c'est pas du jeu puis t'as pas le droit
je sais bien que c'est pas des vrais bizous
et puis d'abord c'est pas qu'à toi
même que c'est vrai même que d'abord
touches pas à mon corps
même que c'est vrai même que d'abord
s'il te plait
me fais pas ça arrête fais le pas moi je t'aime que toi
alors je le dis dans ma tête ne reviens plus
mais t'en va pas

c'est pas d'ma faute à moi
si je veux pas faire ça

et toi tu sais pourquoi ça se fait
pourquoi personnes il peut le voir
tu m'as dit que c'est un secret
pourquoi personnes il veut savoir
papa c'est toi qu'est le plus fort
touches pas à mon corps
d'accord

dimanche 8 mai 2011

LA PEUR DU LOUP

Je vous propose de regarder le film « La peur du loup». Ce film qui présente la façon de penser d’un ex-criminel pédophile est tout simplement poignant. Tout au long du visionnement, on peut voir l’évolution psychologique et les prises de conscience du personnage principal face à ce qui l’entoure. Dans mon cas, cela m’a permis de comprendre comment un agresseur peut penser, son point de vue et sa façon de voir les choses. Bien sûr cela ne change rien à l’atrocité des actes posée mais cela permet d’avoir une certaine ouverture d’esprit (avec du recul) et de connaître l’autre côté de la médaille.

                                                                                Drey, 17 ans

 Montage sur YOU TUBE : http://www.youtube.com/watch?v=sst041HiCUA&feature=related
(non téléchargeable)

 

Bande annonce officiel du film:
(voir ci-dessus)


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La peur du loup
The Woodsman 

Date de Sortie: vendredi 28 janvier 2005
Genre: Drame
Réalisateur: Nicole Kassell
Producteur: Lee Daniels
Scénario: Nicole Kassell, Steven Fechter
Studio: Odeon Films
Durée: 87 min. 

Résumé: 
Walter vient de sortir de prison après y avoir purgé une sentence de douze ans pour agression sexuelle sur une fillette. Il se trouve un travail dans une scierie à Philadelphie où il fait la connaissance de Vickie, une femme au passé trouble qui se lie d'amitié avec lui en dépit des révélations qu'il lui fait. D'abord rebutée, elle décide de l'aider à reprendre une vie normale. Tout en consultant régulièrement un psychologue afin de contrôler les pulsions sexuelles déviantes qui le hantent, Walter est harcelé par un policier zélé qui cherche à le coincer dans une nouvelle affaire de pédophilie. L'ex-prisonnier se sait innocent, mais la tentation est si forte qu'il ne peut s'empêcher de suivre une jeune fille dans un parc. SOURCE: mediafilm.ca
 
En vedette:
Kevin Bacon, Kyra Sedgwick, Benjamin Bratt, Mos Def, Eve, David Alan Grier, Gina Philips

Source: http://www.enprimeur.ca/movies/french/la-peur-du-loup/9949

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LA PEUR DU LOUP de Nicole Kassell (2003)


Résumé.

Après avoir purgé une peine d´emprisonnement de douze ans, Walter s´installe dans un petit appartement, déniche un boulot comme scieur et mène une vie plutôt solitaire. Malgré cette existence paisible, Walter ne peut échapper à son passé trouble. Condamné pour pédophilie, Walter est renié par sa soeur et est traqué par un policier méfiant. Vivant dans la peur d´être dévoilé à son travail et luttant pour recouvrer une vie perdue, Walter doit surtout se débattre avec la terrible probabilité de réveiller ses démons intérieurs.
Intérêt.

Ce film aborde la problématique de la réinsertion sociale du délinquant sexuel sous des angles multiples et contrastés : il y est question de la réinsertion professionnelle, du suivi probatoire (ici beaucoup plus policier que social), du maintien ou de la reprise de liens familiaux, de l´engagement dans une relation amoureuse, d´une psychothérapie,... Ces diverses questions témoignent par ailleurs des enjeux de la différence culturelle dès lors que la scène est américaine. En cela, il nous invite à réfléchir à ce qui constitue la spécificité et la richesse de notre approche conceptuelle à l´ARTAAS, à la manière aussi dont elle évolue. Mais l´intérêt majeur du film semble résider précisément dans l´explicitation des aléas et bénéfices d´une évolution intérieure, d´une maturation psychique en direction de ce qui pourrait être une véritable "guérison". En cela, il est porteur d´une vaste interrogation sur le sens de ce qui fait norme et valeur !


Signalons que ce film sera projeté et servira de support de conférences et débats lors de la journée d´étude organisée conjointement par le CODES (Comité Départemental d´Education pour la Santé) et la Région Aquitaine ARTAAS, le 13 octobre 2006, à Mont-de-Marsan, sur le thème De la réinsertion du pédophile.

Source : http://www.artaas.org/art-et-artaas.html

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YOU TUBE : (Vidéo- élément révélateur du film, non téléchargeable)

 

Hausse de 10 % des contestations à l'IVAC - Fragiles victimes en quête de droit

ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.

Pour toute question ou commentaire concernant le journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca



Yves Lavertu 

 « Je pense qu'il y a des dossiers où les droits sont perdus parce que les gens sont tellement pris dans leur problématique psychologique qu'ils n'ont pas la force de répondre aux fonctionnaires, et ne savent même pas comment. » 

Me Maurice Chayer ne possède pas les chiffres sur le nombre de victimes d'actes criminels qui, en raison de leur état, abandonnent ou n'entreprennent même pas les démarches pour se prévaloir des indemnisations auxquelles elles ont droit. Toutefois, l'avocat montréalais s'en dit convaincu : faute d'être encadrées assez tôt par des ressources juridiques, psychologiques ou autres, un certain nombre d'entre elles n'apparaissent pas dans les statistiques, tandis que d'autres disparaissent de l'écran radar du programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC). 


Me Maurice Chayer
Méthode : pas de nouvelles, bonnes nouvelles

« C'est une machine, dit-il en parlant de l'IVAC, on envoie des lettres, on n'a pas de réponse, on ferme le dossier. »
Le juriste a suffisamment défendu de victimes dans des cas d'agressions sexuelles ou physiques pour connaître la détresse dans laquelle elles se trouvent. « J'ai connu une victime, raconte-t-il, à qui il a fallu quasiment deux ans avant de réussir à contacter un avocat. » Une autre vivait une dépression nerveuse au moment où elle devait communiquer avec l'IVAC. « Ces personnes reçoivent une lettre dans laquelle on leur demande telle ou telle clarification. Elles ont de la difficulté à s'occuper d'elles-mêmes physiquement ainsi que de leur vie quotidienne. Et il faut qu'elles courent après des documents. »

Tous les clients de Me Chayer ont finalement trouvé assez d'énergie pour décrocher le téléphone et pour venir à un premier rendez-vous. « Maintenant, commence-t-il toujours par leur dire, vous avez un conseiller légal. On va essayer de vous obtenir ce à quoi vous avez droit. » Mais il y en a qui ne réussissent pas à sortir de leur domicile. Certains vivent seuls et sont isolés. D'autres sont analphabètes.

David c. Goliath

Mme Arlène Gaudreault, présidente de l'Association québécoise Plaidoyer-Victimes, un organisme voué à la promotion des droits de ces personnes, estime que les avocats ont un rôle accru à jouer dans les rapports qu'entretiennent les victimes avec l'appareil de l'IVAC. Elle trouve « très utile » le travail que les membres du Barreau peuvent accomplir pour accompagner et conseiller les victimes qui ont choisi de contester les décisions de l'IVAC devant le Tribunal administratif du Québec. 


Mme Arlène Gaudreault, présidente de l'Association québécoise Plaidoyer-Victimes et chargée de cours en victimologie à l'École de criminologie de l'Université de Montréal 
Le système judiciaire, avec ses experts et ses contre-experts, peut être écrasant pour des personnes seules, souligne-t-elle. Celles-ci se retrouvent devant une instance dont elles ne comprennent pas toujours le rôle ni le jargon. Déjà fragilisées, elles risquent de s'embourber davantage. « Car, pendant ce temps-là, note-t-elle, leur situation psychologique ne s'améliore pas. Elle se détériore. C'est David contre Goliath. C'est le petit citoyen qui se bat contre une grosse machine. Je ne voudrais pas être prise là-dedans, même si je suis capable de me défendre. »
Dans les dossiers complexes, la présidente de Plaidoyer-Victimes voit d'ailleurs d'un bon œil la présence des avocats non seulement sur le parquet du tribunal, mais aux étapes qui précèdent le choix d'en appeler de la décision de l'IVAC.
Coordonnatrice des stages et chargée de cours en victimologie à l'École de criminologie de l'Université de Montréal, Mme Gaudreault croit que les universités devraient davantage se soucier de l'enseignement du droit des victimes aux étudiants.

Demandes en hausse

Doté d'un budget annuel de 58 millions de dollars, le programme québécois d'indemnisation des victimes d'actes criminels a vu bondir de 18 % le taux de demandes de prestations au cours des trois dernières années comptabilisées. Les réclamations les plus fréquentes concernent les crimes commis au sein de la famille. On parle surtout de violence conjugale, d'agressions à caractère sexuel, d'inceste, de voies de fait et d'agressions armées. 

15 % dans le dalot

Environ 11 750 dossiers sont présentement actifs à l'IVAC. Parmi les 4 635 nouvelles demandes de prestations étudiées en 2003, 66 % ont été acceptées, 19 % ont été rejetées, tandis que 15 % se sont vues classées dans la catégorie « désistement/désintéressement », termes désignant les dossiers de personnes qui ne donnent pas suite à leurs démarches. 

Enfin, il faut signaler une hausse de 10 % par rapport à l'année précédente du nombre de cas de contestation de décisions.

Formation aux avocats

M. Pierre-Hughes Boisvenu, président de l'Association des familles victimes d'actes criminels, espère voir se tisser des liens plus étroits entre les victimes et le milieu juridique québécois. En France, souligne-t-il, des sessions de sensibilisation et de formation sont offertes aux avocats pour les initier aux problèmes que vivent ces gens. 


M. Pierre-Hughes Boisvenu, président de l'Association des familles victimes d'actes criminels 

Avocats engagés

La nouvelle association que préside le père de Julie Boisvenu, assassinée à Sherbrooke en 2002, bénéficie des services bénévoles de deux conseillers juridiques, Me Raphaël Schachter et Me Marc Vaillancourt. Deux autres avocats de Montréal viennent par ailleurs de proposer leur aide. 

Repenser l'IVAC

En novembre dernier, M. Boisvenu et trois autres pères de famille éprouvés par le meurtre ou la disparition d'un enfant ont rencontré le ministre de la Justice Jacques P. Dupuis. Ils l'ont notamment incité à tenir, dès le printemps 2005, une commission parlementaire sur la refonte de la Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels. 
Dans ce dossier, la nouvelle association de M. Boisvenu travaille de concert avec le Regroupement des innocentes victimes du crime organisé (RIVCO), un organisme présidé par l'ancien journaliste Robert Monastesse, qui a subi une tentative d'assassinat pour ses reportages sur les motards criminels.
Parmi les améliorations réclamées, on souhaite l'inclusion dans la loi de la notion de « victimes collatérales » afin que soient reconnues comme victimes les membres de la famille de la personne assassinée ou disparue.

L'IVAC et l'humain

L'Association milite aussi pour des réformes qui concernent l'ensemble des victimes d'actes criminels. « Mes rapports avec l'IVAC, après la mort de Julie, déplore M. Boisvenu, ont été deux timbres de 45 sous. Un timbre pour écrire et me plaindre du traitement des victimes : j'ai reçu une réponse laconique de la part du vice-président de l'IVAC. Et ensuite, un timbre pour envoyer le certificat de décès de Julie. Jamais personne de l'IVAC n'a appelé notre famille. Jamais on n'a reçu un message de sympathie de leur part. Et lorsqu'on appelait, on tombait dans une boîte vocale. Il faut humaniser ces services-là. » À cette fin, M. Boisvenu propose que l'IVAC soit décentralisée vers les centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC). 

Plaidoyer du Barreau

Le Barreau du Québec demande aussi une révision du régime d'indemnisation actuel. L'ordre professionnel plaide pour une harmonisation de la Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels avec la Loi sur l'assurance automobile et la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles. 

Le Barreau souhaite également une extension, dans une nouvelle législation, de la notion de « victime » dans le but d'englober les proches. Enfin, il recommande une hausse du niveau d'indemnisation des personnes admissibles.

Indemnisation ou moquerie ?

L'émergence récente sur la scène publique de nouvelles associations comme celles de MM. Boisvenu et Monastesse est significative aux yeux du bâtonnier du Québec, Denis Mondor. Ce phénomène, estime-t-il, a « le mérite de sensibiliser la population au drame vécu par certaines victimes et par leurs proches, tout en dénonçant les lacunes à pallier dans le système : pensons seulement au montant dérisoire de 600 $ versé aux proches d'une victime décédée pour couvrir les frais funéraires… » 


Le bâtonnier du Québec, Denis Mondor, estime important qu'une victime d'acte criminel ait un témoin qui puisse assurer que la déclaration reproduite à partir des notes du représentant de l'IVAC est fidèle et exacte 

Obligations de l'avocat

Il est important toutefois pour ces groupes, tient à ajouter Me Mondor, de consulter des juristes pour éviter que des droits ne soient perdus. 

L'avocat, fait-il valoir, a un rôle important à jouer dans ce domaine. Il doit tout d'abord diriger vers l'IVAC son client victime d'un acte criminel, et cela dans les délais impartis. Il doit ensuite pouvoir le renseigner sur la possibilité d'engager des poursuites judiciaires non seulement au criminel, mais également en matière civile. Parallèlement à cela, il se doit de l'informer de l'impact que ce choix aura sur son dossier à l'IVAC. 

Nécessité d'un témoin devant l'IVAC

D'autre part, l'avocat peut épauler cette personne en l'assistant lors de l'interrogatoire habituel conduit par un fonctionnaire de l'IVAC. « Ces entretiens n'étant pas sténographiés, précise Me Mondor, il devient important d'avoir un témoin (l'avocat) qui puisse aider le client à s'assurer que sa déclaration, reproduite à partir des notes du représentant de l'IVAC, soit fidèle et exacte. » 

Les services d'un avocat, enchaîne-t-il, peuvent aussi s'avérer d'un bon secours afin de brosser à la victime un tableau complet de ce qu'elle peut réclamer en vertu du régime d'indemnisation.

Très courts délais

Enfin, une fois rendu le verdict de l'IVAC, le conseiller juridique a les compétences requises pour aviser prestement son client de l'opportunité ainsi que des conséquences d'en appeler de la décision. Car, à ce chapitre, rappelle Me Mondor, les délais d'appel sont très courts.

Shirley Christensen fière et soulagée

Le samedi 7 mai 2011

Marc-André Gagnon
29/10/2010 22h24 
« C’est incroyable le sentiment de fierté et de victoire que je peux ressentir, non seulement pour moi, mais pour plein d’autres victimes d’agressions sexuelles au Québec. »
Par ces mots, Shirley Christensen, qui a été abusée par un prêtre, il y a trente ans, a réagi à la décision rendue par la Cour suprême du Canada, hier. Ayant maintenant 37 ans, celle qui a été abusée par un prêtre alors qu’elle n’avait qu’entre six et huit ans espère qu’une telle décision encouragera les victimes d’abus sexuels à dénoncer et à poursuivre leurs agresseurs en justice.
« Si ça peut les encourager, bien au moins, j’aurai servi à ça aujourd’hui », a-t-elle soupiré.
« J’ai essayé le plus longtemps possible de refouler ça, d’envoyer ça derrière moi, parce que c’est tellement souffrant d’avoir à se rappeler que ça nous est arrivé. On porte la honte sur nos épaules et c’est pendant des années qu’on vit ça. Il arrive un moment donné où ça nous saute en pleine face, on n’a pas le choix d’y faire face », a raconté Mme Christensen.
« La loi devrait changer »
Mais son combat pour obtenir réparation face aux difficultés qu’elle éprouve depuis les abus ne s’arrête pas là. Shirley Christensen souhaite voir les fameux délais de prescription unique au Québec être éliminés. Sans une telle mesure législative, l’intervention de la Cour suprême du Canada n’aurait pas été nécessaire, puisque sa cause aurait pu être entendue.
« La loi devrait changer, la prescription ne devrait pas exister pour des victimes d’agressions sexuelles surtout lorsque ça arrive quand la victime est un enfant, croit Mme Christensen. J’ose espérer que le ministre de la Justice, M. Jean-Marc Fournier, fera quelque chose pour faire abolir ce délai-là », a-t-elle souligné.
Retour à la case départ
Shirley Christensen peut se réjouir, mais pour Daniel Gardner, professeur à la Faculté de droit de l’Université Laval, tout n’est pas encore gagné. « Elle retourne à la case départ », résume M. Gardner.
« Ce qu’on dit simplement à la Cour supérieure, c’est laissez-là présenter sa preuve. Laissez-là expliquer, avec des témoignages, pourquoi elle n’a pas pu agir avant, ni elle ni ses parents », illustre le spécialiste du droit. Jusque-là, « tout s’était fait sur dossier, rappelle-t-il. Il n’y avait pas eu de plaidoirie, pas d’interrogatoire, il n’y avait rien eu Sur le dossier, le juge avait dit : il est trop tard. »
Source : http://lejournaldequebec.canoe.ca/actualites/faitsdiversetjudiciaires/archives/2010/10/20101029-222445.html

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Le samedi 7 mai 2011
Agressée sexuellement par un prêtre
Shirley Christensen poursuit son combat

Kathleen Frenette
24/01/2011 12h05 

© Stevens LeBlanc

Tendre la main et tirer un trait sur le passé, voilà ce que Shirley Christensen, victime d’un prêtre pédophile il y a une trentaine d’années, espère pouvoir faire à la suite de sa rencontre d’hier avec deux délégués de l’archidiocèse de Québec.
C’est une femme au visage fatigué qui s’est présentée au sortir de la rencontre qui a duré un peu plus d’une heure.
Lasse des démarches judiciaires qui traînent depuis trop longtemps, la femme, qui dit s’être fait voler son enfance, veut aujourd’hui réparation.
« Je suis épuisée physiquement et moralement... Je suis en arrêt de travail, parce que présentement, je suis en dépression. J’espère de tout cœur que nous pourrons avoir une entente à l’amiable pour mettre fin à cette saga », a dit la femme, visiblement épuisée par toutes ses démarches qui la rongent un peu plus chaque jour.
Advenant le cas où le diocèse aurait l’oreille attentive, une séance de médiation pourrait donc avoir lieu entre eux.
« Si une indemnisation m’était versée, je pourrais assumer les coûts de mes thérapies et de ma médication. Mon enfance, on l’a volée et elle ne reviendra jamais plus », a ajouté Mme Christensen, qui ne sait plus trop si elle doit conserver de l’espoir face à cette démarche.
Deuxième injustice
« Historiquement, il y a eu beaucoup plus de compassion pour les agresseurs que pour les victimes de prêtres pédophiles. Malheu­reusement, ça prend des années pour en venir à une conclusion et ça, c’est une deuxième injustice pour ces victimes », a aussi commenté Carlo Tarini, directeur de l’Association des victimes de prêtres.
Sans obtenir de date, les deux délégués du diocèse ont assuré à la victime qu’ils porteraient ses doléances rapidement devant les personnes en autorité et qu’elle devrait recevoir de leurs nouvelles bientôt.
« Si jamais la réponse est négative, je ne sais pas encore ce que je ferai. On verra quand je sera rendue là », a-t-elle dit avant de quitter le diocèse.
Rappelons que Shirley Christensen a mené un très long combat devant les tribunaux pour obtenir un dédommagement pour les agressions sexuelles répétées dont elle a été victime malgré le délai de prescription. La Cour supérieure lui a finalement donné raison en novembre dernier.

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samedi 30 octobre 2010 à 16H57

Prêtre pédophile: la Cour suprême donne raison à Shirley Christensen

Shirley Christensen a obtenu vendredi l'autorisation de la Cour suprême de poursuivre au civil le prêtre qui l'a agressée sexuellement lorsqu'elle était enfant.

Cette résidante de Québec, âgée de 37 ans, a décidé de poursuivre le prêtre en dommages et intérêts pour 250 000 dollars. La victime a déposé une requête en juin 2007.
Paul-Henri Lachance a été condamné à 18 mois de prison, l'année dernière.
Les tribunaux avaient refusé d'entendre la cause de Mme Christensen parce que le délai de prescription de trois ans est échu. Les faits se sont déroulés au début des années 1980.

Vendredi, la Cour suprême du Canada a renvoyé le dossier de Mme Christensen devant la Cour supérieure du Québec. La jeune femme pourra poursuivre son ancien agresseur.

Plusieurs médias rapportent que le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, n'est pas contre l'idée de modifier le Code civil concernant le délai de prescription dans les affaires d'agression sexuelle.


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Shirley Christensen pourra poursuivre le curé qui l’a agressée

OTTAWA — La Cour suprême du Canada permet finalement à Shirley Christensen de poursuivre le curé qui l’a agressée alors qu’elle était enfant, après une éprouvante bataille juridique.

Dans son jugement rendu public vendredi, le plus haut tribunal du pays a renversé les décisions des tribunaux inférieurs du Québec.

Sur une simple requête sans tenir de procès, les juges des tribunaux inférieurs n’avaient pas permis à Mme Christensen — 25 ans plus tard — de réclamer 250 000 $ à son agresseur, jugeant qu’elle avait trop tardé à intenter son action.

Par son jugement qui tient en trois paragraphes, la Cour suprême renvoie en Cour supérieure du Québec le débat sur le délai de prescriptions. C’est le juge qui devra trancher après un procès complet.

Mme Christensen a été agressée sexuellement par le curé Paul-Henri Lachance à la fin des années 1970, à Québec, alors qu’elle était âgée de six à huit ans.

Confiant le tout à ses parents, ceux-ci n’ont pas agi. L’Archevêché de Québec leur avait indiqué de ne pas ébruiter l’affaire. Très croyants, les parents avaient obtempéré.

À l’été 2006, en donnant le bain à l’enfant de son conjoint, Mme Christensen s’est remémorée les agressions dont elle a été victime et a réalisé l’ampleur de son traumatisme.

Poursuivant le curé et l’Archevêque catholique romain de Québec, elle s’est fait opposer que sa poursuite n’était pas recevable, parce qu’intentée trop tard selon la loi. À cette époque, il fallait qu’une action soit entreprise au plus tard deux ans après le tort causé.

La femme de 37 ans a soutenu qu’avant 2006, elle était dans l’incapacité d’agir, et surtout, incapable d’entamer des procédures. Elle affirme n’avoir fait le lien entre ses troubles psychologiques et les actes du curé qu’en 2006.

L’Église a alors répliqué que ses parents étaient au courant et qu’ils auraient pu poursuivre en son nom mais ont plutôt choisi de rien faire. Elle n’aurait qu’à poursuivre ses parents pour avoir été de mauvais tuteurs, ajoute-elle.

Ne retenant pas les arguments de Mme Christensen, la Cour supérieure a rejeté son action et la Cour d’appel a confirmé ce jugement.

Devant la Cour suprême, elle a contesté la disposition du Code civil du Québec qui prévoit un délai strict pour intenter une action et a demandé que la Cour la rende inapplicable dans les cas d’agression sexuelle.

Paul-Henri Lachance a été condamné à 18 mois de prison en 2009.


L’exception québécoise

La Presse - 2010.10.12
Par Yves Boisvert

C’était 25 ans plus tard. Shirley C. donnait le bain à la fille de son conjoint. En voyant cette enfant de 6 ans nue, elle a eu un flash-back. Elle s’est revue, au même âge, entre les mains du curé Paul-Henri Lachance.
Il est plus difficile pour une victime d’obtenir une compensation devant les tribunaux québécois qu’ailleurs au Canada. Mais la Cour suprême pourrait changer ça.
De l’âge de 6 à 8 ans, entre 1979 et 1981, Shirley voit régulièrement le prêtre de Québec, à qui elle se confie. Il en profite pour lui toucher les jambes, les fesses, la vulve. À la maison, l’enfant pique des crises incompréhensibles mais elle ne parle pas des attouchements du prêtre, qu’elle continue à aller voir.
En 1981, le curé lui met un doigt dans le vagin. Shirley a 8 ans. Cette fois, elle court le dénoncer. Les parents se rendent au presbytère. Lachance n’y est pas. On leur suggère d’aller à l’archevêché. Là, on leur dit de ne pas ébruiter l’affaire, qu’on s’occupera du prêtre.
Le prêtre est expulsé de la paroisse… et réaffecté à une autre paroisse de Québec.
Shirley et ses parents ne l’ont jamais dénoncé.
Dénonciation et prison
En 2006, donc, en donnant le bain à cette fillette, Shirley s’est revue en ce jour de 1981. Elle a décidé de porter plainte à la police. Le prêtre s’est avoué coupable. Il a été condamné en 2009 à 18 mois de prison ferme.
Parallèlement, Shirley C. a intenté une poursuite de 250 000$ contre l’archevêché de Québec et Lachance, maintenant âgé de 79 ans.
En 2008, le juge Yves Alain, de la Cour supérieure, a rejeté sa poursuite au motif qu’elle était «irrecevable» parce que trop tardive. Les faits remontent en effet à presque 30 ans. L’affaire est «prescrite», a conclu le juge.
Il n’y a pas de limite de temps pour poursuivre un délinquant devant la cour criminelle. Mais pour obtenir une compensation pécuniaire devant une cour civile, on doit respecter un délai maximum au-delà duquel le droit s’éteint : c’est la prescription.
Cette règle vise la stabilité juridique et la « tranquillité d’esprit ». On ne veut pas que toutes les transactions puissent être remises en question des années après le fait, quand les témoins sont défaillants ou disparus.
Sauf que, en matière d’agression sexuelle contre des enfants, l’application stricte de cette règle, a déjà dit la Cour suprême, peut avoir pour effet net de protéger les pédophiles des recours civils.
Les victimes sont souvent dans une incapacité psychologique de dénoncer leur agresseur, en particulier si ce dernier est en situation d’autorité. La Cour suprême a donc remis en question la règle traditionnelle en 1992 dans une affaire d’inceste. Il serait inéquitable, avait dit la Cour, de permettre aux agresseurs d’échapper à toute responsabilité alors que les victimes continuent de subir les conséquences de ces crimes.
Ce jugement a donc opéré une sorte de renversement du fardeau de la victime à l’agresseur.
Dans la plupart des provinces canadiennes, on a d’ailleurs reconnu le problème particulier des victimes mineures et voté des lois qui annulent pratiquement la prescription en pareils cas.
D’un océan à l’autre… ou presque
Au Québec, il semble que le mouvement n’ait pas été suivi de manière ordonnée par les tribunaux. La loi est demeurée intacte.
Le Code civil prévoit toujours une prescription de deux ans en cas de « délit », quelle qu’en soit la nature. Le délai ne court pas, cependant, si la personne est dans l’impossibilité d’agir.
Le rejet de la poursuite de Shirley C. n’est donc pas si surprenant. Aux yeux du juge Yves Alain, elle n’était absolument pas dans l’impossibilité d’agir.
D’abord, dit-il, elle n’était pas «sous l’emprise psychique de son agresseur». Et puis, si elle était dans l’impossibilité psychologique de poursuivre avant d’entreprendre une thérapie à l’âge adulte, son père, lui, en tant que tuteur, aurait fort bien pu le faire au début des années 80, a estimé le juge Alain.
En effet, le père était au courant de l’agression mais n’a rien fait. Tant pis !
La Cour d’appel, l’an dernier, a maintenu l’essentiel de ce raisonnement : il faut que le tuteur de l’enfant ait été lui aussi dans l’impossibilité «absolue» d’agir au nom de l’enfant. Certes, les parents ne voulaient pas remettre en question l’autorité de l’Église, reconnaît la Cour d’appel. Mais ils étaient au courant de l’agression. Ils ont choisi de ne pas poursuivre «pour des raisons qui sont les leurs».
Voilà une approche conservatrice qui revient à dire aux enfants de mieux choisir leurs parents… Ah, notez bien, une fois adulte, il est possible de poursuivre ses parents s’ils ont mal exercé leur tutorat !
Dissidence
Le jugement de la Cour d’appel comporte toutefois une dissidence, celle du juge Jacques Chamberland. Il est loin d’être certain que le père ait fait le lien entre les problèmes de sa fille et l’agression du prêtre, observe-t-il. Pour le père, Shirley était « attaquée des nerfs», allez savoir pourquoi.
Or, il ne suffit pas de savoir qu’il y a eu agression sexuelle. Encore faut-il prendre conscience du lien entre l’agression et ses séquelles. Chez les victimes d’inceste, cela peut prendre des années à se cristalliser, comme nous l’enseigne la psychologie depuis fort longtemps.
C’est précisément ce que Shirley C. a déclaré: ce n’est qu’en 2006 que tout est devenu clair pour elle.
La prudence commande au moins qu’elle puisse présenter sa cause, qui ne devrait pas être rejetée de manière mécanique, écrit le juge Chamberland.
Un impact majeur
La Cour suprême a décidé d’entendre la cause de Shirley C., qui sera plaidée MERCREDI(notre correction texte original dit jeudi). Le jugement aura un fort impact sur une série d’affaires qui sont actuellement devant les tribunaux et sur de futurs dossiers.
On pense notamment au recours collectif des victimes de certains frères du collège Notre-Dame de Montréal, où l’on a réussi à étouffer de nombreuses affaires d’agression pendant des décennies. La Cour supérieure entendra la demande d’autorisation du recours à compter du 13 décembre, et la prescription est au coeur du débat.
«Je ne me souviens pas de dossiers où les faits étaient niés; c’est presque toujours un débat au sujet de la prescription », dit Alain Arsenault, l’un des avocats de Shirley C., qui a occupé dans plusieurs dossiers contre des communautés religieuses.
À ce jour, certains jugements québécois font montre de souplesse en la matière. Mais l’approche conservatrice est encore dominante, comme en fait foi le jugement de la Cour d’appel.
Dans le reste du Canada, les mineurs victimes d’agression sexuelle sont présumés être dans l’incapacité de poursuivre.
Le Québec catholique reste donc actuellement une société distincte en ce qui a trait à la compensation des agressions sexuelles.
Source : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/yves-boisvert/201010/11/01-4331523-agressions-sexuelles-lexception-quebecoise.php