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dimanche 12 juin 2011

Un enfant forcé de se prostituer par sa mère et sa grand-mère : des crimes intolérables, dit le juge

Publié le 10 mai 2011 à 05h00 | Mis à jour le 12 mai 2011 à 05h01 


Les deux tenancières d'un salon de massage «avec extras» de la rue Saint-Charles Sud, une grand-mère et sa fille (de dos sur la photo), ont respectivement écopé de quatre ans et d'un an et demi de prison ferme au palais de justice de Granby, hier, pour avoir forcé le fils de huit ans de la fille à se prostituer avec des clients.
photos archives la voix de l'Est


Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(GRANBY) Pervers. Immoral. Barbare. Le juge Serge Champoux n'y est pas allé de main morte, hier, en envoyant en prison deux femmes reconnues coupables d'avoir forcé le fils de huit ans de l'une d'elles à se prostituer avec des clients du salon de massage «avec extras» qu'elles tenaient dans la rue Saint-Charles Sud, à Granby.

Ce type de crime «pervers, immoral (...) dégradant et barbare» est «une intolérance dans notre société», a déclaré le juge de la Cour du Québec lors du prononcé de sa sentence. Les deux femmes d'origine chinoise, la mère et la grand-mère de la victime, ont respectivement écopé d'un an et demi et de quatre ans de prison ferme.

Dans le cas de la mère, le juge a suivi la suggestion de la Couronne, tandis que dans celui de la grand-mère, il a été au-delà puisque le ministère public demandait trois ans de pénitencier. Toutes deux avaient été reconnues coupables, le 7 janvier, d'agression sexuelle et d'incitation à commettre des actes sexuels.
Une peine plus longue pour l'accusée la plus âgée, donc, car celle-ci a été identifiée par la cour comme la principale responsable des crimes commis à l'endroit de Larry (nom fictif - son identité, tout comme celle des accusées, ne peut être publiée afin de le protéger).

Attouchements

Contre rémunération, la femme de 54 ans a permis à des clients masculins de son salon de massage de toucher aux organes génitaux de son petit-fils. Ces gestes, qui se sont produits de 10 à 20 fois, à la fin de 2006, ont eu lieu la plupart du temps au sous-sol du commerce, qui servait aussi de demeure à l'enfant et aux accusées.

En quelques occasions, la mère de la victime a aussi participé aux agressions commises sur son fils en lui couvrant la bouche avec sa main pour ne pas qu'il crie. 

Mais c'était surtout la grand-mère qui gérait le salon de massage et y travaillait. Outre les massages, elle offrait aussi des services sexuels allant de la fellation à la relation sexuelle complète. Une enquête de la police de Granby a mené à l'arrestation des deux femmes, en 2007, et l'enfant a été placé en famille d'accueil.
Outre la nature sordide des crimes commis, le juge Champoux a souligné plusieurs facteurs qu'il juge aggravants et qui viennent appuyer sa sentence. 

En premier lieu, l'abus de confiance et d'autorité: la victime a aussi été battue par sa grand-mère à coups de brosse à cheveux. «(Larry) vivait dans un climat de violence dont (sa grand-mère) était responsable», a dit le juge.

Il a aussi rappelé que les accusées n'exprimaient aucune empathie ni aucun remords et nient toujours les actes reprochés. Au surplus, la grand-mère avait des antécédents criminels en matière de prostitution, de vol et de fraude, et rien n'indique qu'elle a cessé ses activités de prostitution depuis son arrestation, a dit le magistrat. Sa fille n'avait pas de casier judiciaire.

Séquelles

Le magistrat a aussi souligné le jeune âge de la victime et le fait qu'il devra vivre le reste de sa vie avec les séquelles des événements qu'il a subis. «(Larry) a été traumatisé par ces gestes, en plus d'être obligé de témoigner en cour contre sa mère et sa grand-mère.»

Encore aujourd'hui, l'enfant «se sent sale» et responsable de ce qui est arrivé, a dit le juge Champoux.
La mère a bénéficié de plus de clémence, car la cour a estimé qu'elle avait davantage été «l'accessoire» plutôt que le maître d'oeuvre dans ce dossier. Mais le juge lui a reproché son manque de jugement; l'État québécois lui a retiré ses trois enfants et elle est enceinte d'un quatrième.

Source : http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/granby/201105/09/01-4397762-un-enfant-force-de-se-prostituer-par-sa-mere-et-sa-grand-mere-des-crimes-intolerables-dit-le-juge.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4398860_article_POS3

samedi 7 mai 2011

Justice - Les lois sur la prostitution assouplies


Par Radio-Canada, www.radio-canada.ca, Mis à jour le: 28 septembre 2010 05:31


La Cour supérieure de l'Ontario invalide certaines dispositions de la loi canadienne qui restreignent la prostitution. Selon la Cour, celles-ci contribuent au danger auquel font face les travailleurs du sexe. On peut lire dans le jugement que ces « lois forcent les prostituées à choisir entre leur liberté et leur droit à la sécurité, tel que garanti par la Charte canadiennes des droits et libertés. »
Ce jugement fait suite à la demande de la dominatrice Terri-Jean Bedford et de deux autres travailleuses du sexe, Valerie Scott et Amy Lebovitch, qui avaient demandé à la Cour de revoir les dispositions du Code criminel relatives à la prostitution.
Les demanderesses affirmaient que l'interdiction de tenir une maison close, de solliciter des clients à des fins de prostitution ou de vivre des fruits de la prostitution forçait les travailleurs du sexe à quitter la sécurité de leur maison pour affronter la violence de la rue. Elles voyaient donc elles aussi ces mesures comme une violation de la Charte des droits et libertés.
En 1994, la police avait fait une descente dans la maison close tenue par Terri-Jean Bedford, qui était située au nord de Toronto. Mme Bedford avait été condamnée en rapport avec ce crime en 1998.
Ce jugement de la Cour supérieure de l'Ontario pourrait maintenant être porté en appel, par le gouvernement fédéral ou le gouvernement ontarien.
La juge Susan Himel a donné 30 jours aux parties pour annoncer leur intention de le faire. Le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, a déjà indiqué que le gouvernement songeait sérieusement à porter la cause en appel.
Une victoire
Les travailleuses du sexe impliquées dans la cause se réjouissent évidemment du jugement rendu. Elles sont déjà prêtes à en faire bon usage.
La prostitution n'est pas illégale
La prostitution n'est pas considérée comme illégale au Canada. Toutefois, tout ce qui s'y rapporte l'est. Cette situation a même été jugée « bizarre » par la Cour suprême du Canada.