dimanche 28 août 2011

Ces femmes qui ont horreur de la fellation



Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

© iStockphoto.com
Certaines femmes ne sont pas à l'aise avec la fellation et préfèrent ne pas la pratiquer. 

La fellation fait partie des pratiques sexuelles de plusieurs couples. Mais certaines femmes, pour diverses raisons, refusent de s'y adonner. Pourquoi? 

Même si la sexualité peut très bien se vivre sans fellation, il faut convenir, cependant, qu'elle y ajoute du piquant... tout comme son pendant féminin, le cunnilingus! Si vous êtes mal à l'aise face au sexe oral en général et à la fellation en particulier, prenez le temps d'en cerner les raisons.

Mauvaises expériences

Rares sont les hommes aujourd'hui qui n'abordent pas la question de la fellation au lit. Omniprésente dans la pornographie, accessible en quelques clics de souris, elle fait pour eux partie des pratiques jugées normales. Sauf que certains, aussi subtils que la poitrine de Pamela Anderson, mettent trop souvent de la pression pour en obtenir une (verbalement, ou carrément en poussant la tête de leur partenaire vers le bas). La fellation devient ainsi un geste requis, forcé, et non une expérience vécue à deux. Pas étonnant qu'on n'ait pas envie d'en offrir une quand on a vécu de telles situations ou que le partenaire exerce constamment des pressions.

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Le dégoût

Bien des femmes sont rebutées par le «membre viril» parce qu'il sert d'abord à uriner et qu'elles craignent les odeurs ou résidus. D'autres ont en horreur le sperme ou le liquide préséminal et vont donc s'abstenir de «fellationner» leur partenaire pour ne pas en avoir dans leur bouche.

Expérimenter

Une fois que vous aurez déterminé les raisons pour lesquelles la fellation vous rend mal à l'aise, il sera plus facile de les expliquer à votre partenaire. Comme dans bien des aspects de la vie, la communication est essentielle. Ces confidences permettront à votre amoureux de comprendre votre comportement et, si vous le désirez, de vous aider à faire tomber certaines de vos craintes.

Par exemple, si ce sont les odeurs que vous avez en horreur, prenez votre douche ensemble avant de filer sous la couette. Si vous détestez vous faire demander une fellation et que vous l'avez exprimé clairement et calmement à votre partenaire, ce dernier risque de comprendre qu'il amoindrit ses chances lorsqu'il procède par sollicitation. Il pourra alors changer son comportement, ce qui pourrait par la suite vous amener à changer le vôtre.


Ces femmes qui ont horreur de la fellation

Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

Si vous n'avez pas envie d'avaler du sperme, demandez à votre partenaire de se retirer avant son orgasme. Au besoin, gardez un verre de jus de fruits près du lit pour changer le goût dans votre bouche si vous absorbez quelques gouttes de liquide préséminal.

Pour mieux l'apprivoiser, prenez le temps d'expérimenter la fellation dans des conditions optimales (propreté, etc.). Commencez par caresser le pénis avec votre bouche, remontez tranquillement votre langue le long de la verge, vers le gland. Si vous n'êtes pas à l'aise, arrêtez là. Sinon, vous pouvez ensuite prendre le gland dans votre bouche et, graduellement, une plus grande partie du pénis. Ne soyez pas surprise s'il y a un peu de liquide qui émerge, ce n'est pas l'éjaculation mais un liquide préséminal. Vous pouvez l'essuyer ou vous familiariser avec son goût, moins prononcé que celui du sperme. Une chose est sûre: vous n'êtes jamais obligée d'aller jusqu'à l'éjaculation dans votre bouche.
Les limites à respecter
Il n'est pas rare que des femmes dégoûtées par la fellation apprennent à y prendre du plaisir. Certaines, en observant l'excitation qu'elles procurent à leur amoureux, s'excitent alors à leur tour et, avec le temps, cette expérience devient un réel échange de plaisir.

Toutefois, la sexualité doit se vivre dans le respect. Les mauvaises expériences du passé peuvent avoir un impact important sur la capacité à développer le plaisir de faire une fellation. Prenez le temps de vous écouter, de voir vos réactions et de comprendre ce qui vous rend hésitante. Vous pourrez mieux gérer la situation et aussi l'expliquer à votre partenaire.

Source : http://www.servicevie.com/vie-sexuelle/decouvertes-et-pratiques-sexuelles/ces-femmes-qui-ont-horreur-de-la-fellation/a/395/2

Baisers à éviter et conseils pour s'améliorer


Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

© iStockphoto.com
Comment une femme veut-elle être embrasser? 

Le baiser fait partie de ce que plusieurs couples appellent les préliminaires. Or certaines femmes se plaignent de la façon dont leur partenaire les embrasse. Baisers à éviter et conseils pour s'améliorer. 

Le sens du baiser permet parfois de mieux comprendre la façon dont on embrasse. Quel est le sens du baiser pour vous? Pour certains hommes, c'est une façon de montrer leur désir et l'intensité de celui-ci. Aimez-vous embrasser? Est-ce qu'embrasser vous amène à devenir rapidement excité? Si c'est le cas, peut-être avez-vous tendance à être un peu envahissant dans votre approche.

Les baisers à éviter

Les baisers qui vont éveiller du déplaisir le plus fréquemment sont les suivants:
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- vous l'embrassez et votre langue prend beaucoup de place dans sa bouche. Il y a peu de nuances, le désir est exprimé rapidement et de façon envahissante. Souvent, la partenaire dira qu'elle se sent envahie, agressée.

- vous l'embrassez en bougeant votre langue rapidement autour de la sienne. Le baiser est rapide et manque de sensualité. Votre partenaire pourrait vous dire que vous n'éveillerez pas son désir de cette manière.

- vous l'embrassez et allez assez profondément, le coeur lui lève et elle vous repousse.

- vous pouvez aussi l'embrasser et elle vous exprime qu'elle n'aime pas le contact de la bouche et que tout ce qui est mouillé lui déplaît de façon générale.

Après avoir cerné et mieux compris comment vous embrassez et ce qui déplaît à votre partenaire, il vous sera possible de modifier votre façon de faire et y ajouter des nuances qui feront du baiser quelque chose de plus attirant et invitant pour elle.

Intensité du baiser: trop excité?

L'intensité du baiser peut donner le sentiment que vous êtes tellement excité que votre partenaire n'arrivera pas à vous rejoindre dans votre excitation. Elle aura alors tendance à éviter le baiser pour ne pas trop vous exciter ou à simplement éviter tout rapprochement. L'intensité peut être stimulante. Toutefois, lorsqu'on parle du baiser, commencer trop intensément serait l'équivalent de crier pour séduire au lieu de parler doucement. Crier, dans un tel contexte, est rarement gagnant, sauf si les deux partenaires vivent simultanément la même intensité.

Embrasser: comment s'améliorer?

En premier lieu, prenez le temps d'écouter ce que votre partenaire vous dit et cernez de quelle façon vous embrassez.

Par la suite, commencez à amener un peu plus de nuance dans le contact. Explorez d'abord le baiser sans la langue, prenez le temps de goûter ses lèvres, de les effleurer avec les vôtres, de les caresser du bout de votre langue. Ainsi, votre approche sera nuancée et laissera à votre partenaire le temps d'avoir envie d'un contact plus poussé et plus intime avec la langue.

Dans un deuxième temps, vous pouvez introduire la langue dans sa bouche. Toutefois, cela ne veut pas nécessairement dire entrer la langue au complet ni profondément. Encore là, prenez le temps de ressentir ses réactions lors du contact subtil avec le bout de votre langue. Par la suite, jouez avec les baisers avec la langue, les plus superficiels du bout de la langue, les caresses des lèvres. Le jeu des nuances donne de la place au plaisir et au désir.


Baisers à éviter et conseils pour s'améliorer

Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

Le baiser en lien avec la pénétration
Embrasser se vit pour beaucoup de personnes de la même façon que faire l'amour. Embrasser et entrer profondément dans la bouche, c'est comme pénétrer sa partenaire sans lui avoir dit «bonjour», sans l'avoir caressée, sans savoir si elle est excitée ni si elle a envie d'une pénétration.

Le baiser ressemble à la pénétration et le processus d'embrasser se fait dans l'esprit d'apprivoiser le rapprochement et d'attiser le goût d'aller plus loin. On ne pénètre pas sa partenaire n'importe quand et n'importe comment. Il en est de même du baiser.

Soyez conscient que changer votre façon d'embrasser aura un impact important sur la qualité de l'intimité de votre couple. Avec le temps, bien des couples arrêtent de s'embrasser. La disparition du baiser devient souvent un signe de la diminution de l'intimité amoureuse. Prenez donc le temps de parler du baiser, de retrouver du plaisir à vous embrasser et de partager à nouveau une intimité amoureuse.

Il ne faut pas oublier que le baiser fait partie intégrante de l'intimité du couple et de l'intimité sexuelle. Ce n'est pas sans raison que les prostituées n'embrassent pas leurs clients.

Source : http://www.servicevie.com/vie-sexuelle/decouvertes-et-pratiques-sexuelles/baisers-a-eviter-et-conseils-pour-s-ameliorer/a/390/2

J'ai été abusée par mon frère pendant sept ans. Pour mes parents, c'est du passé et je ne peux plus en parler. Mais je le vis mal.


Par Sylviane Larose (www.servicevie.com)

J'ai été abusée par mon frère depuis l'âge de 7 ans jusqu'à celui de 14 ans, moment où j'ai compris de quoi il s'agissait et mis un terme à tout ça. J'ai maintenant 21 ans. L'an dernier, j'ai été hospitalisée pendant trois mois pour dépression. J'ai écrit une lettre à mes parents dans laquelle je leur ai tout dit. Ils ont d'abord nié. J'ai suivi des thérapies familiales. Mais pour mes parents, c'est du passé, et je ne peux plus en parler. Je le vis mal. Le sexe ne m'apporte pas de plaisir. Si un homme me propose d'aller boire un verre, j'ai toujours en tête que c'est pour me faire quelque chose. J'ai l'impression d'être celle qui n'arrive pas à s'en remettre, que ça ne sert à rien d'en parler, que personne ne peut comprendre, que les gens me jugent ou se moquent. J'avais prévu aller voir une sexologue, mais des remises en question et la peur d'être jugée m'ont fait faire marche arrière au dernier moment. J'ai déjà consulté plusieurs psychiatres et psychologues qui ne m'ont pas trop aidée, ou un peu, mais qui tenaient toujours le même discours...

Malheureusement, cela ne se fait pas aussi facilement. Les sévices ont duré longtemps, et l'absence de soutien de votre famille vous envoie le message que vous faites un plat avec quelque chose qui n'est pas si important.

Vous vivez des problèmes relationnels et sexuels qui vous amènent à vous isoler. Vous semblez aussi croire que vous êtes faible parce que vous n'arrivez pas à les surmonter. Votre difficulté est celle que vivent de nombreuses personnes qui ont subi de tels sévices. On ne fait pas qu'oublier et passer à autre chose. Bien des gens essaient, mais les souvenirs continuent de faire partie de leur vie. Ces expériences ont des conséquences sur la perception de soi et des autres, sur la relation de confiance et la façon de voir la sexualité en général. Il est donc normal que vous éprouviez les difficultés dont vous parlez. 

La façon dont votre mère et votre père vous traitent vous amène à croire que vos problèmes sont ridicules, et vous paraissez croire que tout le monde réagira de cette façon. Vous semblez avoir intégré la perception de vos parents, qui ne reconnaissent pas votre souffrance, ce qui vous porte à douter de la légitimité de ce que vous ressentez.

Vous craignez même qu'un thérapeute trouve votre détresse ridicule. Vous ne seriez pourtant pas la première personne à consulter pour cette raison. De nombreux professionnels se sont penchés sur la question parce que ce problème émerge souvent lors de consultations. 

Sachez que les sévices sexuels ont des conséquences importantes sur différents plans chez la majorité des personnes qui les ont subis. Plusieurs ont de la difficulté à faire confiance et vont même parfois avoir du mal à entretenir des relations d'amitié. Vous vous êtes isolée, et cela fait partie du problème. De plus, vous craignez qu'on se moque de vous, ce qui rend d'autant plus ardu de s'épanouir dans n'importe quelle relation.
Prenez le temps de contacter des sexologues et de parler un peu avec eux. Vous verrez si vous êtes à l'aise lors d'une conversation téléphonique. Par la suite, allez consulter. Aucun thérapeute ne se moquera de la souffrance que vous vivez. Elle est réelle et c'est la vôtre. Tenter de faire comme si elle n'était pas là ne vous aidera aucunement. Je vous souhaite bonne chance et du courage dans votre démarche.

Source : http://styledevie.sympatico.ca/amour/vie_couple/jai_ete_abusee_par_mon_frere_pendant_sept_ans_pour_mes_parents_cest_du_passe_et_je_ne_peux_plus_en_parler_mais_je_le_vis_mal_/ae756329

Agressions sexuelles: la fin du délai de prescription réclamée

Publié le 11 avril 2011 à 09h12 | Mis à jour le 11 avril 2011 à 09h13

La manifestation visait à briser le «mur du silence» derrière lequel les victimes d'agressions sexuelles se réfugient.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse


Daphné Cameron
La Presse

Quelques centaines de personnes ont marché dans les rues de Montréal hier pour demander l'abolition du délai de prescription en matière d'agressions sexuelles, qui empêche les victimes de poursuivre leur agresseur au civil plus de trois ans après les faits.

«La majorité des victimes d'agressions sont des enfants et des adolescents et souvent, ça prend des années avant qu'ils soient crus par leur entourage ou qu'ils aient la force de dénoncer leur agresseur», a expliqué Alain Jobidon, directeur général du Centre de ressources et d'interventions pour hommes abusés sexuellement dans leur enfance, l'organisme qui a organisé la manifestation. «C'est un non-sens qu'il soit pratiquement impossible après trois ans de poursuivre pour être indemnisé un pédophile qui a agressé un enfant. Là-dessus, le Québec est la société distincte de l'injustice.»

Dans le droit criminel, les agressions sexuelles sont des crimes imprescriptibles. La Couronne peut porter des accusations même si les actes remontent à plusieurs décennies. Mais en droit civil, une victime a trois ans pour intenter une poursuite en dommages contre son agresseur. Ailleurs au Canada, le délai de prescription a été aboli.

Bon nombre de victimes attendent effectivement des années avant de dénoncer leur agresseur. En 2009, 4212 agressions sexuelles ont été rapportées aux autorités policières. Selon les dernières statistiques du ministère de la Sécurité publique du Québec, 14% de ces infractions ont été commises il y a plus de 5 ans. Une fois sur 10, les faits remontent à plus de 10 ans.

L'automne dernier, le gouvernement s'est dit «ouvert» à revoir le délai de prescription.
En plus des revendications, la manifestation visait à briser le «mur du silence» derrière lequel les victimes se réfugient.

«Je pense qu'il y a autant d'histoires que de raisons qui ont poussé les gens à venir ici aujourd'hui», a expliqué Sébastien Richard, qui a lui-même été agressé durant son enfance. «Je suis ici pour dire que la pire des choses, c'est le silence. C'est important de prendre conscience de ce qui nous est arrivé, de comprendre que l'on est des survivants pour pouvoir retrouver l'équilibre et vivre. C'est à partir de ce moment que l'on cesse d'être une victime.»

Source : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201104/11/01-4388589-agressions-sexuelles-la-fin-du-delai-de-prescription-reclamee.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS1

samedi 30 juillet 2011

Dysmorphophobie ou l'obsession de ses défauts

Par www.servicevie.com



Chacun de nous se trouve des petits défauts. Certaines personnes, toutefois, deviennent complètement obsédées par une partie de leur corps. C'est ce qu'on appelle la dysmorphophobie.


Responsable du Service de psychologie au Cégep de Trois-Rivières, Marc Bournival définit la dysmorphophobie comme étant une «distorsion dans la perception qu'a une personne de certaines parties de son corps. Ce peut être ses organes génitaux, ses cheveux, son nez, sa peau, sa taille, etc.» Ceux qui en souffrent sont persuadés que leur corps - ou du moins une de ses parties - est difforme et que les autres personnes ne voient que ça. Pourtant, règle générale, leurs défauts sont totalement imaginaires ou, s'ils existent, le complexe qu'ils engendrent est totalement démesuré.

La dysmorphophobie est un trouble rare qui affecte autant les hommes que les femmes et s'installerait habituellement de façon progressive. Les adolescents et les jeunes adultes seraient les plus touchés. Il est difficile d'établir les causes de la dysmorphophobie, puisque cette maladie n'est pas très connue et rarement diagnostiquée. Dans sa pratique, Marc Bournival observe toutefois qu'il y a presque toujours une souffrance derrière le symptôme: «C'est une souffrance intérieure que la personne a cristallisée autour d'une partie de son corps. C'est pour cette raison qu'avant de traiter le symptôme, il importe de trouver la source de cette souffrance», explique l'intervenant.
Les répercussions de la dysmorphophobie
 
La vie des personnes souffrant de dysmorphophobie tourne souvent autour de leur «défaut imaginaire». La plupart passent plusieurs heures par jour à s'examiner de façon compulsive devant tous les miroirs qu'ils croisent: dans l'espoir de réduire leur anxiété, ils ne font cependant que l'accentuer. D'autres vont au contraire tenter d'éviter tout miroir. «Ces personnes sont très préoccupées par leur image. Il s'agit d'une obsession. Plusieurs en parlent à leur entourage, mais ça ne fait pas de sens pour les autres. On peut essayer de rassurer ces personnes sur leur « défaut », mais l'idée est tellement ancrée en elles que c'est peine perdue», poursuit Marc Bournival.

Certaines personnes vont même aller jusqu'à éviter les contacts sociaux et à s'isoler. Autres répercussions possibles du trouble: consommation d'alcool ou d'anxiolytiques, sommeil excessif et automutilation. Dans les cas extrêmes, il peut même mener à la dépression et au suicide. Dans tous les cas, celui-ci génère beaucoup de souffrance.
Le traitement de la dysmorphophobie
 
Contrairement à ce que croient bien des personnes souffrant de dysmorphophobie, la chirurgie esthétique n'est pas la solution. La raison est que le défaut n'est pas réel, mais imaginaire. L'opération n'aurait pour effet que de déplacer l'obsession sur une autre partie du corps. Il est possible de guérir de la dysmorphophobie, mais il est difficile d'y arriver sans l'aide d'un psychologue. «Il importe d'abord de trouver la source de la souffrance intérieure de la personne. Ensuite, on pourra travailler les perceptions que celle-ci a de son corps», précise Marc Bournival.
Vos défauts vous obsèdent?

Vous souffrez peut-être de dysmorphophobie

Par Katia Mayrand , journaliste , Montréal, Canada

Dysmorphophobie: le témoignage de Leslie
Leslie connaît bien la dysmorphophobie. Celle-ci s'est ancrée dans sa vie vers la fin de son adolescence. Elle accepte aujourd'hui de témoigner, elle qui continue de lutter contre cette image erronée qu'elle a de son corps.

«Ma dysmorphophobie porte sur deux parties de mon corps: mes jambes et mon visage. Vers 18 ans, alors que j'étais danseuse, la peau de mes jambes s'est asséchée et s'est mise à craqueler, ce qui fait que j'ai en permanence des rougeurs, des taches et des cicatrices dues aux poils qui poussent sous la peau. Je ne montre jamais mes jambes totalement nues. Même mon partenaire ne peut voir mes jambes ni les toucher», confie Leslie. «Quand j'avais environ 16 ans, j'ai pris beaucoup de poids. Je me souviens que j'avais de grosses joues que je détestais. Par la suite, j'ai perdu ce poids, mais je suis restée obsédée par mon visage. J'avais un besoin quasi permanent de le toucher pour être sûre d'être normale, mais aussi de me regarder dans le moindre reflet pour être sûre que mes grosses joues n'étaient pas revenues.»

C'est en parlant avec ses parents, et en particulier avec sa mère, que la jeune femme a pu mettre un nom sur ses obsessions corporelles. Toutefois, Leslie admet que sa dysmorphophobie, même si elle est connue de son entourage, est difficile à vivre. «La plupart des gens ne comprennent pas. Ils pensent qu'il s'agit d'un complexe, alors que c'est bien différent d'un complexe. Mon problème, c'est que j'ai dans la tête une image erronée de mon visage.»

Même si sa dysmorphophobie est source de souffrance, la jeune femme ne compte pas suivre de thérapie pour essayer de guérir. «J'essaie de m'en sortir par moi-même, en discutant avec d'autres personnes qui souffrent de ce problème. Pour m'aider, j'ai des amis photographes qui m'ont prise en photo. Je réussis maintenant à m'aimer un minimum. Aujourd'hui, je vais mieux, même si mon visage et mes jambes m'obsèdent encore par moments», conclut-elle.

Source : http://styledevie.sympatico.ca/bien_etre/dysmorphophobie_ou_lobsession_de_ses_defauts/44711738