dimanche 28 août 2011

La fellation ne plait pas à tous les hommes


C'est connu: la fellation, tous les hommes aiment ça. Tous? Eh bien, non. Certains sont mal à l'aise avec l'aspect intime de l'acte, d'autres n'en tirent simplement aucun plaisir. Pourquoi?


Je n'aime pas la fellation: 5 raisons
Je n'aime pas ça parce que la sensation des dents sur mon pénis me rend nerveux. Plusieurs hommes redoutent les éraflures ou, pire, les morsures. Ils deviennent alors plus stressés qu'excités, ce qui leur fait parfois perdre leur érection. Ces appréhensions sont si importantes qu'ils préfèrent s'abstenir.
Je n'aime pas ça parce que je trouve que c'est une pratique avilissante, dégradante, digne des vidéos XXX. Certains hommes sont gênés ou mal à l'aise d'en faire la demande à leur partenaire car ils ont l'impression que la fellation est le propre des femmes faciles ou des prostituées. Ils craignent donc d'offusquer leur douce moitié.

Je n'aime pas ça parce que j'ai peur que cela déplaise à ma (ou mon) partenaire. Il est parfois difficile de faire des demandes particulières par crainte de se voir refuser ce qui est demandé. Ce genre de craintes peut amener certains hommes à ne pas en réclamer même si cela peut faire partie de leurs désirs.

Je n'aime pas ça parce que je crains de dégager des odeurs et que cela soit offensant pour l'autre. Cette crainte peut être associée au fait que le pénis sert aussi à uriner. Plutôt que de risquer de déplaire à l'autre, certains hommes vont éviter les fellations.

Je n'aime pas ça parce que je crains de ne pouvoir me contrôler et d'éjaculer dans la bouche de l'autre. La supposition qu'une excitation trop forte conduise à une éjaculation dans la bouche de l'autre peut empêcher de solliciter des caresses orales. La peur de la réaction - dédain ou même haut-le-coeur - leur fait préférer l'abstention.
Peut-on apprendre à aimer cela?
Oui, il est possible de développer un goût pour la fellation. Même si elle ne constitue pas une obligation, elle fait toutefois partie des diverses pratiques sexuelles. Pour la (ou le) partenaire, le fait d'essuyer un refus lors d'une tentative de fellation peut l'amener à se questionner sur son habileté à la prodiguer ou sur sa désirabilité. Si vous êtes inquiet de lui déplaire en en faisant la demande, vous avez déjà une réponse à votre question.

Il est important que vous puissiez expliquer l'inconfort que vous ressentez face à cette pratique. Prenez le temps de cerner exactement ce qui vous dérange. Si cela va à l'encontre de vos valeurs, vous devrez déterminer ce que vous préférez faire: explorer la nouveauté ou respecter vos valeurs. De là, si vous le désirez, vous pourrez explorer la fellation petit à petit.

La fellation ne plait pas à tous les hommes

Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

Explorer la fellation: mode d'emploi
Dans un premier temps, si vous craignez de dégager des odeurs, vérifiez si c'est le cas auprès de votre partenaire: une fois rassuré, il sera plus facile de vous abandonner. Il va sans dire que vous risquez d'être plus «appétissant» au sortir de la douche qu'après une longue journée de travail.

Ensuite, prenez le temps de ressentir le contact de la langue avec votre pénis. Demandez à votre partenaire d'y aller graduellement et exprimez vos sensations, positives ou négatives. Parfois, se faire rassurer par l'autre peut être suffisant pour se laisser aller un peu plus.

Demandez-lui de remonter lentement sur votre pénis avec sa langue et évaluez ce que vous ressentez: si vous êtes confortable, vous pouvez graduellement encourager les caresses de la langue sur le gland, puis sa prise en bouche totale. Allez-y doucement, donnez-vous le temps d'apprivoiser l'expérience et de voir le plaisir de l'autre à vous caresser.

Si vous avez le sentiment que vous risquez d'éjaculer dans la bouche de votre partenaire, parlez-lui-en, vous pourrez déterminer sa zone de confort face à cette possibilité. Si vous craignez d'être trop excité, prenez le temps de respirer et de vous détendre pendant la fellation. Habituellement, les hommes ont plus de facilité à contrôler leur éjaculation avec la fellation que lors de la pénétration. Toutefois, il se peut que cela ne soit pas le cas pour vous. Si votre partenaire ne veut pas que vous éjaculiez dans sa bouche, expérimentez les caresses autour du pénis au lieu de la prise complète du pénis dans la bouche. Lorsque vous vous sentirez prêt, vous pourrez passer à la prochaine étape.

Sachez que vous pouvez développer un goût pour la fellation, sans toutefois que cela devienne votre pratique sexuelle favorite.

Ces femmes qui ont horreur de la fellation



Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

© iStockphoto.com
Certaines femmes ne sont pas à l'aise avec la fellation et préfèrent ne pas la pratiquer. 

La fellation fait partie des pratiques sexuelles de plusieurs couples. Mais certaines femmes, pour diverses raisons, refusent de s'y adonner. Pourquoi? 

Même si la sexualité peut très bien se vivre sans fellation, il faut convenir, cependant, qu'elle y ajoute du piquant... tout comme son pendant féminin, le cunnilingus! Si vous êtes mal à l'aise face au sexe oral en général et à la fellation en particulier, prenez le temps d'en cerner les raisons.

Mauvaises expériences

Rares sont les hommes aujourd'hui qui n'abordent pas la question de la fellation au lit. Omniprésente dans la pornographie, accessible en quelques clics de souris, elle fait pour eux partie des pratiques jugées normales. Sauf que certains, aussi subtils que la poitrine de Pamela Anderson, mettent trop souvent de la pression pour en obtenir une (verbalement, ou carrément en poussant la tête de leur partenaire vers le bas). La fellation devient ainsi un geste requis, forcé, et non une expérience vécue à deux. Pas étonnant qu'on n'ait pas envie d'en offrir une quand on a vécu de telles situations ou que le partenaire exerce constamment des pressions.

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Le dégoût

Bien des femmes sont rebutées par le «membre viril» parce qu'il sert d'abord à uriner et qu'elles craignent les odeurs ou résidus. D'autres ont en horreur le sperme ou le liquide préséminal et vont donc s'abstenir de «fellationner» leur partenaire pour ne pas en avoir dans leur bouche.

Expérimenter

Une fois que vous aurez déterminé les raisons pour lesquelles la fellation vous rend mal à l'aise, il sera plus facile de les expliquer à votre partenaire. Comme dans bien des aspects de la vie, la communication est essentielle. Ces confidences permettront à votre amoureux de comprendre votre comportement et, si vous le désirez, de vous aider à faire tomber certaines de vos craintes.

Par exemple, si ce sont les odeurs que vous avez en horreur, prenez votre douche ensemble avant de filer sous la couette. Si vous détestez vous faire demander une fellation et que vous l'avez exprimé clairement et calmement à votre partenaire, ce dernier risque de comprendre qu'il amoindrit ses chances lorsqu'il procède par sollicitation. Il pourra alors changer son comportement, ce qui pourrait par la suite vous amener à changer le vôtre.


Ces femmes qui ont horreur de la fellation

Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

Si vous n'avez pas envie d'avaler du sperme, demandez à votre partenaire de se retirer avant son orgasme. Au besoin, gardez un verre de jus de fruits près du lit pour changer le goût dans votre bouche si vous absorbez quelques gouttes de liquide préséminal.

Pour mieux l'apprivoiser, prenez le temps d'expérimenter la fellation dans des conditions optimales (propreté, etc.). Commencez par caresser le pénis avec votre bouche, remontez tranquillement votre langue le long de la verge, vers le gland. Si vous n'êtes pas à l'aise, arrêtez là. Sinon, vous pouvez ensuite prendre le gland dans votre bouche et, graduellement, une plus grande partie du pénis. Ne soyez pas surprise s'il y a un peu de liquide qui émerge, ce n'est pas l'éjaculation mais un liquide préséminal. Vous pouvez l'essuyer ou vous familiariser avec son goût, moins prononcé que celui du sperme. Une chose est sûre: vous n'êtes jamais obligée d'aller jusqu'à l'éjaculation dans votre bouche.
Les limites à respecter
Il n'est pas rare que des femmes dégoûtées par la fellation apprennent à y prendre du plaisir. Certaines, en observant l'excitation qu'elles procurent à leur amoureux, s'excitent alors à leur tour et, avec le temps, cette expérience devient un réel échange de plaisir.

Toutefois, la sexualité doit se vivre dans le respect. Les mauvaises expériences du passé peuvent avoir un impact important sur la capacité à développer le plaisir de faire une fellation. Prenez le temps de vous écouter, de voir vos réactions et de comprendre ce qui vous rend hésitante. Vous pourrez mieux gérer la situation et aussi l'expliquer à votre partenaire.

Source : http://www.servicevie.com/vie-sexuelle/decouvertes-et-pratiques-sexuelles/ces-femmes-qui-ont-horreur-de-la-fellation/a/395/2

Baisers à éviter et conseils pour s'améliorer


Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

© iStockphoto.com
Comment une femme veut-elle être embrasser? 

Le baiser fait partie de ce que plusieurs couples appellent les préliminaires. Or certaines femmes se plaignent de la façon dont leur partenaire les embrasse. Baisers à éviter et conseils pour s'améliorer. 

Le sens du baiser permet parfois de mieux comprendre la façon dont on embrasse. Quel est le sens du baiser pour vous? Pour certains hommes, c'est une façon de montrer leur désir et l'intensité de celui-ci. Aimez-vous embrasser? Est-ce qu'embrasser vous amène à devenir rapidement excité? Si c'est le cas, peut-être avez-vous tendance à être un peu envahissant dans votre approche.

Les baisers à éviter

Les baisers qui vont éveiller du déplaisir le plus fréquemment sont les suivants:
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- vous l'embrassez et votre langue prend beaucoup de place dans sa bouche. Il y a peu de nuances, le désir est exprimé rapidement et de façon envahissante. Souvent, la partenaire dira qu'elle se sent envahie, agressée.

- vous l'embrassez en bougeant votre langue rapidement autour de la sienne. Le baiser est rapide et manque de sensualité. Votre partenaire pourrait vous dire que vous n'éveillerez pas son désir de cette manière.

- vous l'embrassez et allez assez profondément, le coeur lui lève et elle vous repousse.

- vous pouvez aussi l'embrasser et elle vous exprime qu'elle n'aime pas le contact de la bouche et que tout ce qui est mouillé lui déplaît de façon générale.

Après avoir cerné et mieux compris comment vous embrassez et ce qui déplaît à votre partenaire, il vous sera possible de modifier votre façon de faire et y ajouter des nuances qui feront du baiser quelque chose de plus attirant et invitant pour elle.

Intensité du baiser: trop excité?

L'intensité du baiser peut donner le sentiment que vous êtes tellement excité que votre partenaire n'arrivera pas à vous rejoindre dans votre excitation. Elle aura alors tendance à éviter le baiser pour ne pas trop vous exciter ou à simplement éviter tout rapprochement. L'intensité peut être stimulante. Toutefois, lorsqu'on parle du baiser, commencer trop intensément serait l'équivalent de crier pour séduire au lieu de parler doucement. Crier, dans un tel contexte, est rarement gagnant, sauf si les deux partenaires vivent simultanément la même intensité.

Embrasser: comment s'améliorer?

En premier lieu, prenez le temps d'écouter ce que votre partenaire vous dit et cernez de quelle façon vous embrassez.

Par la suite, commencez à amener un peu plus de nuance dans le contact. Explorez d'abord le baiser sans la langue, prenez le temps de goûter ses lèvres, de les effleurer avec les vôtres, de les caresser du bout de votre langue. Ainsi, votre approche sera nuancée et laissera à votre partenaire le temps d'avoir envie d'un contact plus poussé et plus intime avec la langue.

Dans un deuxième temps, vous pouvez introduire la langue dans sa bouche. Toutefois, cela ne veut pas nécessairement dire entrer la langue au complet ni profondément. Encore là, prenez le temps de ressentir ses réactions lors du contact subtil avec le bout de votre langue. Par la suite, jouez avec les baisers avec la langue, les plus superficiels du bout de la langue, les caresses des lèvres. Le jeu des nuances donne de la place au plaisir et au désir.


Baisers à éviter et conseils pour s'améliorer

Par Sylviane Larose , M.A. sexologue clinicienne et psychothérapeute , Montréal, Canada

Le baiser en lien avec la pénétration
Embrasser se vit pour beaucoup de personnes de la même façon que faire l'amour. Embrasser et entrer profondément dans la bouche, c'est comme pénétrer sa partenaire sans lui avoir dit «bonjour», sans l'avoir caressée, sans savoir si elle est excitée ni si elle a envie d'une pénétration.

Le baiser ressemble à la pénétration et le processus d'embrasser se fait dans l'esprit d'apprivoiser le rapprochement et d'attiser le goût d'aller plus loin. On ne pénètre pas sa partenaire n'importe quand et n'importe comment. Il en est de même du baiser.

Soyez conscient que changer votre façon d'embrasser aura un impact important sur la qualité de l'intimité de votre couple. Avec le temps, bien des couples arrêtent de s'embrasser. La disparition du baiser devient souvent un signe de la diminution de l'intimité amoureuse. Prenez donc le temps de parler du baiser, de retrouver du plaisir à vous embrasser et de partager à nouveau une intimité amoureuse.

Il ne faut pas oublier que le baiser fait partie intégrante de l'intimité du couple et de l'intimité sexuelle. Ce n'est pas sans raison que les prostituées n'embrassent pas leurs clients.

Source : http://www.servicevie.com/vie-sexuelle/decouvertes-et-pratiques-sexuelles/baisers-a-eviter-et-conseils-pour-s-ameliorer/a/390/2

J'ai été abusée par mon frère pendant sept ans. Pour mes parents, c'est du passé et je ne peux plus en parler. Mais je le vis mal.


Par Sylviane Larose (www.servicevie.com)

J'ai été abusée par mon frère depuis l'âge de 7 ans jusqu'à celui de 14 ans, moment où j'ai compris de quoi il s'agissait et mis un terme à tout ça. J'ai maintenant 21 ans. L'an dernier, j'ai été hospitalisée pendant trois mois pour dépression. J'ai écrit une lettre à mes parents dans laquelle je leur ai tout dit. Ils ont d'abord nié. J'ai suivi des thérapies familiales. Mais pour mes parents, c'est du passé, et je ne peux plus en parler. Je le vis mal. Le sexe ne m'apporte pas de plaisir. Si un homme me propose d'aller boire un verre, j'ai toujours en tête que c'est pour me faire quelque chose. J'ai l'impression d'être celle qui n'arrive pas à s'en remettre, que ça ne sert à rien d'en parler, que personne ne peut comprendre, que les gens me jugent ou se moquent. J'avais prévu aller voir une sexologue, mais des remises en question et la peur d'être jugée m'ont fait faire marche arrière au dernier moment. J'ai déjà consulté plusieurs psychiatres et psychologues qui ne m'ont pas trop aidée, ou un peu, mais qui tenaient toujours le même discours...

Malheureusement, cela ne se fait pas aussi facilement. Les sévices ont duré longtemps, et l'absence de soutien de votre famille vous envoie le message que vous faites un plat avec quelque chose qui n'est pas si important.

Vous vivez des problèmes relationnels et sexuels qui vous amènent à vous isoler. Vous semblez aussi croire que vous êtes faible parce que vous n'arrivez pas à les surmonter. Votre difficulté est celle que vivent de nombreuses personnes qui ont subi de tels sévices. On ne fait pas qu'oublier et passer à autre chose. Bien des gens essaient, mais les souvenirs continuent de faire partie de leur vie. Ces expériences ont des conséquences sur la perception de soi et des autres, sur la relation de confiance et la façon de voir la sexualité en général. Il est donc normal que vous éprouviez les difficultés dont vous parlez. 

La façon dont votre mère et votre père vous traitent vous amène à croire que vos problèmes sont ridicules, et vous paraissez croire que tout le monde réagira de cette façon. Vous semblez avoir intégré la perception de vos parents, qui ne reconnaissent pas votre souffrance, ce qui vous porte à douter de la légitimité de ce que vous ressentez.

Vous craignez même qu'un thérapeute trouve votre détresse ridicule. Vous ne seriez pourtant pas la première personne à consulter pour cette raison. De nombreux professionnels se sont penchés sur la question parce que ce problème émerge souvent lors de consultations. 

Sachez que les sévices sexuels ont des conséquences importantes sur différents plans chez la majorité des personnes qui les ont subis. Plusieurs ont de la difficulté à faire confiance et vont même parfois avoir du mal à entretenir des relations d'amitié. Vous vous êtes isolée, et cela fait partie du problème. De plus, vous craignez qu'on se moque de vous, ce qui rend d'autant plus ardu de s'épanouir dans n'importe quelle relation.
Prenez le temps de contacter des sexologues et de parler un peu avec eux. Vous verrez si vous êtes à l'aise lors d'une conversation téléphonique. Par la suite, allez consulter. Aucun thérapeute ne se moquera de la souffrance que vous vivez. Elle est réelle et c'est la vôtre. Tenter de faire comme si elle n'était pas là ne vous aidera aucunement. Je vous souhaite bonne chance et du courage dans votre démarche.

Source : http://styledevie.sympatico.ca/amour/vie_couple/jai_ete_abusee_par_mon_frere_pendant_sept_ans_pour_mes_parents_cest_du_passe_et_je_ne_peux_plus_en_parler_mais_je_le_vis_mal_/ae756329

Agressions sexuelles: la fin du délai de prescription réclamée

Publié le 11 avril 2011 à 09h12 | Mis à jour le 11 avril 2011 à 09h13

La manifestation visait à briser le «mur du silence» derrière lequel les victimes d'agressions sexuelles se réfugient.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse


Daphné Cameron
La Presse

Quelques centaines de personnes ont marché dans les rues de Montréal hier pour demander l'abolition du délai de prescription en matière d'agressions sexuelles, qui empêche les victimes de poursuivre leur agresseur au civil plus de trois ans après les faits.

«La majorité des victimes d'agressions sont des enfants et des adolescents et souvent, ça prend des années avant qu'ils soient crus par leur entourage ou qu'ils aient la force de dénoncer leur agresseur», a expliqué Alain Jobidon, directeur général du Centre de ressources et d'interventions pour hommes abusés sexuellement dans leur enfance, l'organisme qui a organisé la manifestation. «C'est un non-sens qu'il soit pratiquement impossible après trois ans de poursuivre pour être indemnisé un pédophile qui a agressé un enfant. Là-dessus, le Québec est la société distincte de l'injustice.»

Dans le droit criminel, les agressions sexuelles sont des crimes imprescriptibles. La Couronne peut porter des accusations même si les actes remontent à plusieurs décennies. Mais en droit civil, une victime a trois ans pour intenter une poursuite en dommages contre son agresseur. Ailleurs au Canada, le délai de prescription a été aboli.

Bon nombre de victimes attendent effectivement des années avant de dénoncer leur agresseur. En 2009, 4212 agressions sexuelles ont été rapportées aux autorités policières. Selon les dernières statistiques du ministère de la Sécurité publique du Québec, 14% de ces infractions ont été commises il y a plus de 5 ans. Une fois sur 10, les faits remontent à plus de 10 ans.

L'automne dernier, le gouvernement s'est dit «ouvert» à revoir le délai de prescription.
En plus des revendications, la manifestation visait à briser le «mur du silence» derrière lequel les victimes se réfugient.

«Je pense qu'il y a autant d'histoires que de raisons qui ont poussé les gens à venir ici aujourd'hui», a expliqué Sébastien Richard, qui a lui-même été agressé durant son enfance. «Je suis ici pour dire que la pire des choses, c'est le silence. C'est important de prendre conscience de ce qui nous est arrivé, de comprendre que l'on est des survivants pour pouvoir retrouver l'équilibre et vivre. C'est à partir de ce moment que l'on cesse d'être une victime.»

Source : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201104/11/01-4388589-agressions-sexuelles-la-fin-du-delai-de-prescription-reclamee.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS1