dimanche 12 juin 2011

Trois jours de procès pour le père accusé d'inceste sur sa fillette

Publié le 12 mai 2011 à 18h13 | Mis à jour le 12 mai 2011 à 16h13

Archives La Tribune



(Sherbrooke) Le père de famille de 24 ans accusé de divers gestes à caractère sexuel sur sa fillette de 18 mois subira son procès en octobre prochain.

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec a retenu jeudi les 11-12 et 14 octobre prochains pour que soit présentée la preuve et pour permettre à l'accusé de présenter sa défense relativement aux événements en cause.

Si le procès portera sur les chefs d'inceste sur sa fille, la possession de pornographie juvénile, de voies de fait sur sa conjointe, d'incitation à des contacts sexuels et d'inceste sur sa soeur, ceux d'agression sexuelle sur sa fille, d'attouchement sexuel et d'agression sexuelle avec une autre personne sur sa fille ont été remis pour la forme.

L'avocate de la défense Me Stéphanie Côté a mentionné devant le tribunal que des plaidoyers de culpabilité pourraient être enregistrés au moment du procès sur ces trois chefs d'accusations.

La procureure aux poursuites criminelle et pénale Me Émilie Baril-Côté entend appeler à la barre la mère de l'enfant. La femme de 20 ans, elle aussi accusée dans cette affaire, sera la témoin principale au soutien de la preuve de la poursuite. La poursuite entend aussi déposer la déclaration vidéo d'une douzaine d'heures que les accusés ont faite aux policiers à la suite de leur arrestation.

Source : http://www.cyberpresse.ca/la-tribune/faits-divers/201105/12/01-4398860-trois-jours-de-proces-pour-le-pere-accuse-dinceste-sur-sa-fillette.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4397181_article_POS3

Un enfant forcé de se prostituer par sa mère et sa grand-mère : des crimes intolérables, dit le juge

Publié le 10 mai 2011 à 05h00 | Mis à jour le 12 mai 2011 à 05h01 


Les deux tenancières d'un salon de massage «avec extras» de la rue Saint-Charles Sud, une grand-mère et sa fille (de dos sur la photo), ont respectivement écopé de quatre ans et d'un an et demi de prison ferme au palais de justice de Granby, hier, pour avoir forcé le fils de huit ans de la fille à se prostituer avec des clients.
photos archives la voix de l'Est


Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(GRANBY) Pervers. Immoral. Barbare. Le juge Serge Champoux n'y est pas allé de main morte, hier, en envoyant en prison deux femmes reconnues coupables d'avoir forcé le fils de huit ans de l'une d'elles à se prostituer avec des clients du salon de massage «avec extras» qu'elles tenaient dans la rue Saint-Charles Sud, à Granby.

Ce type de crime «pervers, immoral (...) dégradant et barbare» est «une intolérance dans notre société», a déclaré le juge de la Cour du Québec lors du prononcé de sa sentence. Les deux femmes d'origine chinoise, la mère et la grand-mère de la victime, ont respectivement écopé d'un an et demi et de quatre ans de prison ferme.

Dans le cas de la mère, le juge a suivi la suggestion de la Couronne, tandis que dans celui de la grand-mère, il a été au-delà puisque le ministère public demandait trois ans de pénitencier. Toutes deux avaient été reconnues coupables, le 7 janvier, d'agression sexuelle et d'incitation à commettre des actes sexuels.
Une peine plus longue pour l'accusée la plus âgée, donc, car celle-ci a été identifiée par la cour comme la principale responsable des crimes commis à l'endroit de Larry (nom fictif - son identité, tout comme celle des accusées, ne peut être publiée afin de le protéger).

Attouchements

Contre rémunération, la femme de 54 ans a permis à des clients masculins de son salon de massage de toucher aux organes génitaux de son petit-fils. Ces gestes, qui se sont produits de 10 à 20 fois, à la fin de 2006, ont eu lieu la plupart du temps au sous-sol du commerce, qui servait aussi de demeure à l'enfant et aux accusées.

En quelques occasions, la mère de la victime a aussi participé aux agressions commises sur son fils en lui couvrant la bouche avec sa main pour ne pas qu'il crie. 

Mais c'était surtout la grand-mère qui gérait le salon de massage et y travaillait. Outre les massages, elle offrait aussi des services sexuels allant de la fellation à la relation sexuelle complète. Une enquête de la police de Granby a mené à l'arrestation des deux femmes, en 2007, et l'enfant a été placé en famille d'accueil.
Outre la nature sordide des crimes commis, le juge Champoux a souligné plusieurs facteurs qu'il juge aggravants et qui viennent appuyer sa sentence. 

En premier lieu, l'abus de confiance et d'autorité: la victime a aussi été battue par sa grand-mère à coups de brosse à cheveux. «(Larry) vivait dans un climat de violence dont (sa grand-mère) était responsable», a dit le juge.

Il a aussi rappelé que les accusées n'exprimaient aucune empathie ni aucun remords et nient toujours les actes reprochés. Au surplus, la grand-mère avait des antécédents criminels en matière de prostitution, de vol et de fraude, et rien n'indique qu'elle a cessé ses activités de prostitution depuis son arrestation, a dit le magistrat. Sa fille n'avait pas de casier judiciaire.

Séquelles

Le magistrat a aussi souligné le jeune âge de la victime et le fait qu'il devra vivre le reste de sa vie avec les séquelles des événements qu'il a subis. «(Larry) a été traumatisé par ces gestes, en plus d'être obligé de témoigner en cour contre sa mère et sa grand-mère.»

Encore aujourd'hui, l'enfant «se sent sale» et responsable de ce qui est arrivé, a dit le juge Champoux.
La mère a bénéficié de plus de clémence, car la cour a estimé qu'elle avait davantage été «l'accessoire» plutôt que le maître d'oeuvre dans ce dossier. Mais le juge lui a reproché son manque de jugement; l'État québécois lui a retiré ses trois enfants et elle est enceinte d'un quatrième.

Source : http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/granby/201105/09/01-4397762-un-enfant-force-de-se-prostituer-par-sa-mere-et-sa-grand-mere-des-crimes-intolerables-dit-le-juge.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4398860_article_POS3

Recherche sur les enfants handicapés - L'inceste révélé par des tests d'ADN


Londres — Des scientifiques qui mènent des essais sur l'ADN d'enfants handicapés peuvent involontairement révéler des cas d'inceste qui suscitent une série de problèmes éthiques nécessitant des recommandations, selon des médecins américains.

Dans une lettre adressée au journal The Lancet et publiée vendredi, Arthur Beaudet, du département de médecine de l'Université Baylor, à Houston, et ses collègues signalent quelques points épineux que les spécialistes qui travaillent sur l'ADN d'enfants handicapés physiquement ou intellectuellement pourraient rencontrer.

Il arrive aux scientifiques d'analyser l'ADN de ces enfants, à la recherche d'éléments qui leur permettraient de comprendre les troubles sous-jacents. Des essais qui pourraient conduire à identifier de façon chromosomique les enfants nés de deux personnes ayant un lien de parenté proche. Pour les auteurs, les scientifiques pourraient dès lors être légalement con-traints d'en référer aux autorités, notamment dans le cas d'une mère mineure.

«De nombreux cas d'inceste non répertoriés jusqu'à présent pourraient bien l'être concernant des patients aux nombreux handicaps», ont souligné Arthur Beaudet et trois de ses collègues.

Responsabilités

«Les cliniciens qui découvrent une relation incestueuse probable pourraient être contraints d'en informer les services de protection de l'enfance et éventuellement la police», ont-ils ajouté, expliquant que la grossesse pouvait être le résultat de sévices sexuels. Mais en cas de mère majeure, leur responsabilité est moins claire.

Dans une affaire de sévices sexuels, les tests ADN sont souvent utilisés pour apporter la preuve d'un inceste. Dans l'affaire européenne la plus abominable, l'Autrichien Josef Fritzl a été jugé coupable en 2009 d'avoir enfermé sa fille dans un cachot pendant 24 ans et de lui avoir fait sept enfants. Il est emprisonné à vie.

Beaudet et ses collègues n'ont cité aucune étude concernant la fréquence de ce problème. Mais ils suggèrent aux institutions de mettre en place des comités chargés de discuter des problèmes juridiques et éthiques concernant les tests ADN. Ils proposent que des recommandations soient faites par des organisations américaine et européenne s'occupant des questions liées à la génétique.

Une science en avance

«Je suis absolument certain que ça va devenir un problème important», a déclaré Ross Upshur, directeur du Centre de bioéthique à l'Université de Toronto. Ross Upshur n'est pas signataire de la lettre. «La science avance tellement vite qu'on découvre souvent des informations que nous n'imaginions pas devenir un jour aussi sensibles.»

Selon lui, la science réfléchit souvent en avance aux problèmes éthiques, notamment le clonage, la recherche sur les cellules souches, et le séquençage génétique.

Il reconnaît que des recommandations sont nécessaires pour conseiller les médecins confrontés à des informations potentiellement sensibles.

«Vous ne pouvez pas refermer la boîte de Pandore, dit-il. Mais vous ne pouvez pas non plus empêcher les scientifiques d'explorer les voies légitimes de la découverte génétique.»

Source : http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/316763/recherche-sur-les-enfants-handicapes-l-inceste-revele-par-des-tests-d-adn

Le prix Marie-Vincent au CETAS


Les représentantes de l’équipe du CETAS reçoivent ici une oeuvre de l’artiste québécois Bernard Séguin-Poirier rattaché à l’obtention du Prix Marie-Vincent 2009. Dans l’ordre habituel, Normand Chartrand, directeur général par intérim...

Publié le 12 Janvier 2010
Publié le 10 Novembre 2010
 

Le CETAS des Laurentides (Centre d’entraide et de traitement des agressions sexuelles) a remporté récemment le Prix Marie-Vincent pour un programme d’intervention auprès des enfants victimes d’agression sexuelle.

Implanté dans la région des Laurentides depuis 1991, le CETAS est un organisme communautaire spécialisé dans le traitement des agressions sexuelles. Le CETAS a développé, au fil des années, des services professionnels spécialisés offerts à l’ensemble des personnes qui sont touchées par la problématique d’agression sexuelle.

De façon plus spécifique, le CETAS a mis sur pied un programme de traitement pour les enfants victimes d’agression sexuelle. C’est à ce niveau que la Fondation Marie-Vincent a attribué au CETAS des Laurentides le Prix annuel Marie-Vincent 2009, décerné à un organisme sans but lucratif s’étant distingué au Québec dans le domaine de la prévention et des traitements de la maltraitance envers les enfants de moins de 12 ans. « Ce prix signifie pour nous une reconnaissance du travail accompli pour les enfants-victimes d’agression sexuelle de la région des Laurentides. L’obtention de ce prestigieux prix représente également un encouragement à poursuivre nos efforts afin de maintenir des services professionnels et de qualité auprès de ces enfants » souligne Mme Katia Lavallée, directrice générale du CETAS.

Tout seul

Plus important encore, c’est sans aide gouvernementale que les dirigeants du CETAS sont parvenus à mettre le programme sur pied et continuent à le dispenser aux enfants concernés.

C’est à même des dons faits par la Fondation ING Canada, la Fondation des Canadiens pour l’enfance et la Fondation Marie-Vincent, notamment, que les gens du CETAS peuvent continuer à dispenser le programme. « Le succès du programme tient notamment au fait que nous intervenons rapidement auprès des enfants de 6 à 12 ans victimes d’agression sexuelle. En intervenant tôt, on réussit à réduire les symptômes post-agression chez l’enfant. Nous intervenons également auprès des parents non-agresseurs. On travaille en groupe avec des psycho-éducateurs, des travailleurs sociaux et des psychologues » note Mme Lavallée.

La tâche du CETAS est compliqué par le fait qu’il représente, nous dit Mme Lavallée, le seul organisme sur le territoire des Laurentides spécialisé dans le genre de services offerts aux enfants de 6 à 12 ans victimes d’agression sexuelle. « Nous avons davantage de cas provenant de la région de Saint-Jérôme, puisque c’est dans cette ville que nous avons nos bureaux. Par contre, les cas nous viennent de partout sur le territoire ».

Source : http://www.journallenord.com/Societe/Sante/2010-01-12/article-1944714/Le-prix-Marie-Vincent-au-CETAS/1

Peut-on soigner la pédophilie ?



Émission du 10 septembre 2009

Les crimes de nature sexuelle, en particulier lorsqu’ils sont commis sur des enfants, ne sont tout simplement pas tolérés par la société. On comprend pourquoi.

Alors comment expliquer le comportement des agresseurs? La pédophilie est-elle une maladie? Et surtout, se traite-t-elle?


C’est la conviction des spécialistes du CETAS (Centre d’entraide et de traitements des agressions sexuelles). Rencontre avec des pédophiles repentis.


«Comment ça se fait que j’ai eu une attirance pour une enfant de 12 ans? À cet âge-là, elle n’était même pas formée. Elle n’avait pas de seins, cet enfant-là. Ce n’était pas une femme, c’était une enfant!», raconte Jean-Guy, la voix brisée par les remords. L’homme est suivi par le CETAS depuis plusieurs années; il a agressé une fillette de son entourage. Il était lui-même père…

«C’est tabou de parler du traitement des agresseurs; ce n’est pas une activité populaire comme sauver quelqu’un du feu… C’est aider les ‘méchants’», reconnaît Katia Lavallée.

Aider les «méchants», oui, pour ne plus jamais qu’ils le soient… Or l’agresseur sexuel n’a pas l’air, justement, d’un méchant. Dans la très grande majorité des cas, le pédophile n’attend pas sa proie à la sortie de l’école, les poches pleines de bonbons et autres surprises. Il s’appelle Papa et Papounet ou Pierre, le chum de maman, parfois mon oncle Jean, et même grand-papa Jacques. Pierre, Jean, Jacques a un travail, une maison, une conjointe et souvent des enfants.


«Seule une petite proportion des agresseurs sexuels présente un intérêt prédominant, parfois exclusif, pour les contacts sexuels avec les enfants», précise la psychologue et directrice du CETAS Katia Lavallée.

Les «intérêts déviants» se développeraient au même moment que les «intérêts normaux», pensent les spécialistes, soit au début de l’adolescence, lors de la prise de conscience de l’orientation sexuelle. «Les intérêts sexuels déviants seraient déjà en place à cet âge-là, mais ils ne seront pas nécessairement agis’ ; ils peuvent être latents pendant 20 ans, 30 ans», ajoute Katia Lavallée.


Claude a agressé la fille de sa conjointe, âgée de 8 ans, mais se dit très attirée par les femmes. «Et par les adolescentes aussi…, ajoute-il avec hésitation. Mais pas par celles de l’âge de ma victime… Ça a été un événement de circonstance; c’était elle qui était là et c’était elle qui allait y passer.»


Un événement de circonstance? Quelles circonstances?
 
«Dans la population, il y a des hommes qui n’ont jamais de fantaisies déviantes; il y a des hommes qui ont des fantaisies déviantes, mais qu’ils ne mettent pas en action, et il y a des hommes qui ont des fantaisies déviantes et qui vont les mettre en action, explique Benoît Dassylva, psychiatre à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal. Pourquoi certains sont capables de se retenir et d’autres pas?» Plusieurs facteurs peuvent faciliter le passage à l’acte, dont la désinhibition toxique (l’alcool et la drogue lèvent les «freins» habituels).

«Ce n’est pas une excuse mais c’est qui m’a permis de me dire ‘O.K.’, raconte Jean-Guy. J’étais seul, sans conjointe, ni copine. Je vivais un manque de sexualité depuis un certain temps. Et plutôt que d’aller aux bonnes places pour y chercher l’affection nécessaire, je me suis servi d’un enfant...»


Une grande détresse psychologique précède généralement le passage à l’acte. Beaucoup de pédophiles souffrent d’anxiété sociale, éprouvent de graves difficultés relationnelles avec les adultes… et trouvent ainsi un certain apaisement, une confiance en soi renouvelée lorsqu’ils sont en présence d’enfants. Bien sûr, plusieurs ont eux-mêmes été agressés pendant l’enfance, mais pas tous! Et d’autres enfants agressés ne deviendront jamais des agresseurs…

En toile de fond : le manque d’empathie; l’agresseur confond ses besoins avec ceux de l’enfant et ne comprend pas les conséquences de ses gestes sur autrui.


«C’est seulement quand la petite m’a demandé d’arrêter que je me suis rendu compte que je n’étais plus… correct», admet Claude.


Traiter pour prévenir

«La source du problème c’est l’agresseur, il faut traiter la source du problème, tranche Katia Lavallée. Quand on traite l’agresseur, on réduit la possibilité qu’il fasse d’autres victimes. C’est aussi important, et probablement plus, que l’aspect punitif. C’est fondamental.»

«La personne qui commet une agression sexuelle ou un attouchement sexuel n’est pas automatiquement un rebut de société ou un animal, avance Jean-Guy. C’est quelqu’un qui est malade. C’est quelqu’un qui a un problème à régler. Tout le monde a le droit d’avoir des soins. Je suis un être humain, moi aussi. C’est ce que j’aime au CETAS; ils n’excusent pas notre geste, mais ils nous parlent comme un être humain.»


Au CETAS, on s’attaque à ce qu’on appelle dans le jargon le «cycle délictuel». Sauf pour quelques rares prédateurs sexuels, l’agression est rarement spontanée, plutôt le résultat d’un long cheminement. Idées, émotions, situations difficiles, développement d’une fantasmatique déviante… Le pédophile pose des gestes concrets pour gagner la confiance de l’entourage et de l’enfant lui-même, de manière à se retrouver seul à seul avec lui. «Le cycle délictuel, c’est tout ce qui constitue les ‘mauvaises décisions’; tous les éléments qui mènent à un passage à l’acte sur un enfant», résume Katia Lavallée.


Cela dit, thérapie ou pas, la grande majorité des agresseurs d’enfants… n’agresseront plus, contrairement à la croyance populaire. «Tous pédophiles confondus, c’est un maximum 15 à 20 % qui récidivent», précise Benoît Dassylva. Ce qui ne signifie pas que la pédophilie se guérisse… «On ne cesse pas d’être hétérosexuel ou homosexuel, pas plus qu’on ne cesse d’être attiré par les contacts sexuels avec les enfants, souligne Katia Lavallée. On peut apprendre à vivre avec; on peut apprendre à ne pas ‘agir’ cet intérêt-là. Mais ça ne se guérit pas, ça se contrôle.»

Mais est-ce que ça se prévient? En théorie, oui; dans les faits, rarement. Peu de pédophiles «en devenir» vont chercher de l’aide; la pression sociale, l’horreur associée à une telle fantasmatique, rendent la chose presque impossible. Qui plus est, les services d’aide ont l’obligation légale de divulguer l’identité du client aux autorités en cas de situation potentiellement abusive. Résultat : les agresseurs ne sont traités qu’une fois qu’ils sont passés à l’acte, qu’ils ont été dénoncés, arrêtés, et même souvent seulement une fois la peine purgée.
«Je savais, avant que ça se produise, que j’avais une attirance envers les plus jeunes, raconte Claude. J’aurais dû consulter avant. Pour ne pas que je puisse briser la vie d’une personne, et briser ma vie à moi aussi. Je voudrais aider ceux qui sentent qu’ils ont une attirance envers les plus jeunes. Il faut consulter, ne pas attendre d’avoir fait la gaffe. Il est trop tard rendu là…. Pis, ça fait mal…»


«La plupart veulent cesser ces comportements-là, soutient Katia Lavallée. C’est souffrant d’avoir cette problématique-là… Quand c’est fini, quand l’excitation sexuelle est retombée, qu’est-ce qui reste? La culpabilité, la honte, la peine. Ils le savent, après, qu’ils ont fait mal.»

«Avant de commettre cet acte-là, tout le monde m’aimait, confie Jean-Guy. Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup de monde qui m’aime. J’ai perdu des emplois. J’ai perdu ma femme. J’ai perdu ma maison. J’ai perdu ma famille. J’ai tout perdu, moi.» Y compris sa dignité de père… «Mon enfant, je ne la vois que douze heures par mois. Et il faut qu’il y ait quelqu’un toujours à côté de moi. Vous savez, il n’y a rien de facile dans ce qu’on fait… Pour les actes que j’ai faits, je paye, puis je paye, puis je paye. Mais ça ne me fait rien de payer parce que je l’ai mérité, vous savez…»

La pédophilie est-elle une maladie?

On ne possède encore qu’une connaissance partielle de cette déviance sexuelle. Mais les scientifiques et les médecins s’entendent : la pédophilie doit, comme tout autre trouble mental, être traitée. La pédophilie est répertoriée dans le DSM, la bible des diagnostics en santé mentale.

Castration chimique

La castration chimique – la suppression totale de la libido - est une méthode peu utilisée. En fait, il est plus juste de parler d’hormonothérapie, un traitement médical qui abaisse, à des degrés divers, le niveau de testostérone. D’autres médicaments peuvent également être prescrits aux agresseurs de façon à mieux gérer les problèmes associés, tels que l’anxiété sociale.

Au Québec, en 2007, 903 infractions sexuelles ont été commises envers des jeunes de moins de 17 ans.
Source : Sécurité publique, Gouvernement du Québec


Ressources

CETAS (Centre d'entraide et de traitement des agressions sexuelles)
8, boul.de la Salette #101-C
Saint-Jérôme (Québec)
J7Y 5C8
450-431-6400
CETAS@b2b2c.ca


Source : http://www.journallenord.com/Societe/Sante/2010-01-12/article-1944714/Le-prix-Marie-Vincent-au-CETAS/1